La Coupe du monde 2026 n’aura pas souri aux Lions du Sénégal. Éliminés dès les seizièmes de finale par la Belgique (3-2 après prolongation), les champions d’Afrique ont quitté la compétition sur une désillusion. Vingt-quatre ans après l’épopée de 2002, le contraste est saisissant.
Dans une tribune publiée par Xalima, le journaliste Mamadou Kassé met en lumière les différences fondamentales entre ces deux générations. En 2002, les Lions étaient des inconnus, portés par un projet collectif et une volonté de se révéler au monde. « C’est cette ambition d’exister et cette volonté de bâtir un projet commun qui faisaient la valeur de cette équipe », rappelle-t-il.
À l’inverse, la sélection de 2026, sacrée à la CAN, est arrivée au Mondial « rassasiée et pleine de certitudes ». Selon Kassé, la préparation a fait défaut : ni mobilisation populaire, ni travail psychologique, ni rigueur physique et tactique. L’équipe, construite sur un amalgame entre cadres vieillissants et jeunes inexpérimentés, manquait de cohésion.
Le technicien Pape Bouna Thiaw est pointé du doigt pour ses choix de sélection, avec une « colonne vertébrale vieillissante et à bout de souffle » et un banc trop tendre. « Vouloir sélectionner de jeunes joueurs pour les scotcher sur le banc n’a pas été une bonne idée », estime le journaliste, qui aurait préféré voir les Lions s’inspirer de l’épopée de 2002.
L’échec américain a aussi révélé des tensions internes, déjà évoquées dans d’autres enquêtes, avec un vestiaire fracturé et une guerre des clans. Le capitaine Kalidou Koulibaly avait pourtant affiché l’ambition d’« égaler voire améliorer la performance de la génération 2002 », un objectif resté lettre morte.
Le 3 juillet 2026, face à la Belgique, le Sénégal menait pourtant 2-0 jusqu’à la 86e minute avant de céder en prolongation (3-2).
