Le chroniqueur Mohamed Youssouf Bathily, connu sous le nom de Ras Bath, et l’influenceuse Rokia Doumbia, surnommée « Rose Vie Chère » ou « Tata Rose Poivron », ont été condamnés lundi 17 août à dix ans de réclusion chacun, dont trois avec sursis, ainsi qu’à une amende de 240 000 francs CFA. La décision a été rendue par la chambre criminelle de la cour d’appel de Bamako, après plus de trois ans de détention.
Ras Bath a été condamné à dix ans pour des propos tenus dans des émissions radiophoniques, lors de rencontres publiques et sur les réseaux sociaux. Selon l’accusation, les deux prévenus auraient cherché à discréditer les autorités de la Transition. Rokia Doumbia était notamment poursuivie pour avoir mis en cause les autorités dans la hausse du prix des produits de première nécessité. Ras Bath, lui, avait affirmé que les autorités étaient responsables de la mort en prison de l’ancien Premier ministre Soumeylou Boubèye Maïga, qu’il estimait non naturelle.
Le parquet a soutenu que la diffusion de ces déclarations sur les réseaux sociaux avait nourri les tensions et perturbé l’ordre public. Devant les juges, le chroniqueur, apparu publiquement pour la première fois depuis plusieurs mois, a nié les accusations. Rokia Doumbia a expliqué que son objectif était d’alerter les autorités sur les conséquences de l’inflation.
Le verdict a suscité des critiques de médias africains. RFI Afrique a également rapporté cette condamnation. Ledjely a dénoncé des accusations « pour le moins risibles » et un « verdict inique », tandis que Jeune Afrique a estimé que la répression des voix dissidentes se poursuivait au Mali. Le procureur a présenté Ras Bath comme un « danger pour la transition » et déclaré qu’il fallait le tenir éloigné des réseaux sociaux et de la radio.
Cette condamnation intervient après celle, distincte, de l’ancien Premier ministre malien Moussa Mara. En février 2026, sa peine de deux ans de prison, dont un avec sursis, avait été confirmée en appel pour avoir soutenu des prisonniers politiques sur les réseaux sociaux.
Au Burkina Faso, une quarantaine de journalistes de médias publics et privés ont par ailleurs participé à une formation militaire organisée à l’Académie de police de Pabré, près de Ouagadougou, une initiative présentée comme une immersion auprès des forces engagées contre les groupes armés (Afrik.com).
