M. Touré (29 ans) et M. Y. Bâ (27 ans) ont été condamnés à sept ans de prison ferme par le tribunal de Pikine-Guédiawaye, dans une affaire survenue au quartier Afia 5, à Yeumbeul. Le tribunal a également infligés 100 000 FCFA de dommages et intérêts à chacune des parties civiles, somme que devra verser M. Touré.
Les faits remontent à la nuit du 3 au 4 mai. Un gardien de chantier affirme avoir surpris les deux prévenus en pleins ébats après avoir été alerté par des gémissements. Selon son récit, l’un des hommes l’aurait aspergé d’une bombe asphyxiante afin de faciliter leur fuite, tandis que l’autre aurait sauté depuis la terrasse du bâtiment.
Dans leur fuite, les deux hommes auraient abandonné plusieurs effets personnels sur les lieux, notamment un pantalon, des chaussures, une bouteille d’alcool et une carte nationale d’identité. Le lendemain, M. Touré serait revenu récupérer ses affaires avant d’être repéré par des habitants du quartier. Il a ensuite été extrait de la foule par les éléments de la Brigade de recherches de Yeumbeul. Son co-prévenu a, lui, été retrouvé dans une structure sanitaire où il recevait des soins après sa chute.
À la barre, les versions des faits se sont opposées. Le gardien a maintenu avoir surpris les deux hommes en flagrant délit, tandis que les prévenus ont nié les accusations, évoquant un complot à la suite d’une soirée alcoolisée. M. Y. Bâ a même accusé le vigile d’agression sexuelle.
Le parquet avait requis dix ans de prison ferme, estimant que les éléments matériels retrouvés sur place confirmaient la version du gardien. La défense a, de son côté, dénoncé un dossier entaché d’incohérences et l’absence d’expertise médicale.
Après les débats, le tribunal a finalement retenu la culpabilité des deux prévenus, dans une audience marquée par une vive tension dans la salle.
Le verdict sept ans de prison ferme intervient dans un contexte de durcissement des sanctions liées aux actes contre nature au Sénégal, à la suite de la récente modification de l’article 319 du Code pénal.