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Mali : l’ONG HRW accuse l’armée et les jihadistes d’exactions depuis les attaques d’avril

Les attaques du 25 avril dernier, au cours desquelles le ministre malien de la Défense Sadio Camara a été tué et la ville de Kidal conquise par des jihadistes et des indépendantistes, ont ouvert une nouvelle phase d’exactions au Mali. Le procureur militaire a ouvert une enquête sur ces événements, et cinq suspects ont été identifiés, dont trois militaires en activité, un retraité et un soldat tué lors des combats. Dans un rapport publié ce lundi 29 juin, Human Rights Watch (HRW) recense les violences perpétrées depuis lors par le Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (Jnim) d’un côté, et par l’armée malienne et ses supplétifs russes de l’Africa Corps de l’autre. L’ONG documente notamment les blocus imposés par le Jnim sur les populations civiles : entre le 6 et le 21 mai, plus de 40 véhicules civils en route vers Bamako ont été incendiés. Elle rapporte aussi l’exécution publique d’un civil à Tonka, dans la région de Tombouctou, et les attaques récurrentes de camions-citernes qui provoquent de graves pénuries de carburant et d’électricité.

Du côté des forces gouvernementales et de leurs partenaires russes, HRW fait état de violentes opérations de contre-insurrection dans le centre du Mali visant les communautés peules. En seulement quatre jours, du 14 au 17 mai, l’organisation a recensé 38 victimes civiles, dont 23 enfants. Elle pointe également des frappes de drones : le 25 avril à Guimbé, 12 enfants et adolescents ont été tués, et le 17 mai à Téné, un mariage a été frappé, faisant 10 morts civils. Pour les seules villes de Gao et de Kidal, les affrontements du 25 avril ont fait 13 morts et 25 blessés parmi les civils, selon le décompte partiel de HRW.

Human Rights Watch rappelle que le droit humanitaire interdit toute attaque délibérée ou aveugle contre des civils. « L’impunité de longue date continue d’alimenter le cycle des abus au Mali », souligne Ilaria Allegrozzi, chercheuse de l’ONG. Celle-ci appelle l’ONU et l’Union africaine à soutenir une mission d’établissement des faits pour jeter les bases de poursuites criminelles. Le ministère malien de la Justice n’a pas répondu aux sollicitations de HRW. Selon RFI Afrique, de nombreux civils ont fui la zone en raison des violences. De son côté, le Jnim a tenté de justifier les violences en affirmant que les civils ciblés ne respectaient pas les règles édictées par les jihadistes dans les zones sous leur contrôle.

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