Macky Sall : la justice française rejette le blocage de nonamacky.org

La justice française pouvait-elle empêcher l’accès à une plateforme qui conteste la candidature de Macky Sall au poste de secrétaire général de l’ONU ? Saisi plusieurs mois auparavant, le tribunal judiciaire de Paris a refusé de prononcer le blocage demandé.

La demande concernait plusieurs opérateurs techniques et fournisseurs d’accès, dont Orange, SFR, Free et Bouygues Telecom. L’ancien président sénégalais voulait que ces sociétés empêchent leurs utilisateurs en France de consulter nonamacky.org. Il souhaitait aussi l’arrêt des services utilisés pour diffuser la plateforme.

Cette décision constitue un revers judiciaire pour la candidature de Macky Sall. La justice française a estimé que les éléments publiés ne justifiaient pas une restriction d’accès au site (Lanouvelletribune). Elle intervient alors que la succession d’Antonio Guterres à la tête des Nations unies doit être organisée, donnant à cette contestation une portée internationale.

Des critiques considérées comme relevant du débat public

La plateforme met en ligne des documents, des témoignages et des publications sur les deux mandats de Macky Sall, à la tête du Sénégal entre 2012 et 2024. Elle évoque notamment les manifestations, les arrestations, les libertés publiques, la presse et des dossiers financiers. Son objectif affiché est de convaincre les décideurs internationaux de ne pas soutenir l’ancien chef de l’État.

Macky Sall jugeait certains passages diffamatoires. Le tribunal a toutefois séparé les critiques personnelles de celles qui portent sur le fonctionnement des institutions sénégalaises durant sa présidence. La présentation de l’ancien dirigeant comme « inapte » a également été qualifiée de jugement de valeur critique sur sa candidature à une fonction internationale.

Les juges ont relevé que plusieurs faits étaient attribués à des institutions ou à des agents de l’État. Leur survenue pendant la période où Macky Sall présidait le Sénégal ne suffisait pas, à elle seule, à établir une attaque personnelle contre lui.

La photo de l’ancien président également maintenue

Le demandeur contestait aussi l’utilisation de son portrait sur le site et sur les visuels de la campagne. Le tribunal n’a pas ordonné leur retrait. Il a retenu son statut de personnalité publique et le lien direct entre les images et sa candidature à la direction d’une organisation internationale.

Le jugement rappelle ainsi la protection de la liberté d’expression lorsqu’une publication participe à une discussion d’intérêt général. Il ne se prononce pas sur les qualités requises pour diriger les Nations unies, mais uniquement sur les contenus diffusés et les restrictions d’accès sollicitées.

Sur le terrain diplomatique, la candidature reste également entourée d’une forte incertitude au Sénégal. Le Premier ministre Ousmane Sonko a indiqué n’avoir reçu aucun mandat pour aborder la question de la candidature de Macky Sall, tandis que le président Bassirou Diomaye Faye est demeuré silencieux sur le sujet. Ce blocage diplomatique réactive paradoxalement la menace que représente cette candidature pour le régime, au moment où le poste de secrétaire général de l’ONU doit être renouvelé après le départ d’Antonio Guterres.

La procédure a été examinée en France parce que la version française de la plateforme permet aux internautes d’interpeller directement la représentation française auprès des Nations unies. Le dossier de candidature déposé le 2 mars 2026 bénéficie du soutien du Burundi.

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