À une semaine d’intervalle, deux des principaux artisans du récit de la « dette cachée » ont, chacun à sa manière, nuancé ce qui a dominé la vie politique et économique sénégalaise depuis septembre 2024.
Le 15 juin 2026, sur RFI et France 24, Ousmane Sonko, devenu président de l’Assemblée nationale après avoir quitté la Primature, a reconnu qu’il « n’avait pas tous les leviers » lorsqu’il évoquait le dossier de la dette pendant son passage au gouvernement, précisant qu’il s’exprimait alors « en tant que chef de parti politique » plutôt qu’en sa qualité de chef de l’exécutif.
Quelques jours plus tôt, le président sortant de la Cour des comptes, Mamadou Faye, interrogé par L’Observateur, s’était montré tout aussi prudent, renvoyant les journalistes au rapport de février 2025 sans confirmer que l’expression « dette cachée » y figurait formellement.
Pour les soutiens de l’ancien président Macky Sall, ces prises de parole sonnent comme des aveux tardifs qui invitent à reconsidérer un récit construit, selon eux, davantage sur l’urgence politique que sur la sérénité d’un audit. Mais au-delà de cette controverse, c’est l’ensemble du bilan laissé par Macky Sall, après douze années à la tête de l’État, qui mérite d’être rappelé.
Douze années de transformation
Élu en 2012 puis réélu dès le premier tour en 2019, Macky Sall a gouverné le Sénégal pendant douze ans avec, pour feuille de route, le Plan Sénégal Émergent, programme de réformes structurelles censé porter le pays vers l’émergence à l’horizon 2035. Sous son magistère, la croissance moyenne du pays est passée d’environ 2,9 % par an entre 2005 et 2011 à plus de 5,3 % entre 2012 et 2023, portée par un effort d’investissement public sans précédent dans les infrastructures : autoroutes, nouvel aéroport international Blaise-Diagne, pôle urbain de Diamniadio, et surtout le Train express régional, mis en service en janvier 2022 entre Dakar et Diamniadio. Le secteur de l’énergie a également été transformé par l’entrée en production du champ pétrolier de Sangomar et du champ gazier de Grande Tortue Ahmeyim, qui ont permis au Sénégal de rejoindre, en mars 2024, le Forum des pays exportateurs de gaz, aux côtés des plus grandes puissances gazières mondiales.
Un rayonnement diplomatique porté au plus haut niveau
Sur la scène internationale, le mandat de Macky Sall a été marqué par une série de jalons rarement atteints par un chef d’État sénégalais. Il a présidé le Conseil de sécurité des Nations unies en novembre 2016, effectué en 2013 la première visite d’État d’un président sénégalais en France depuis Abdou Diouf en 1992, puis assumé en 2022 la présidence de l’Union africaine, qu’il a mise à profit pour porter sur la scène mondiale les enjeux d’une transition énergétique « juste » pour le continent.
C’est également sous son impulsion que le Sénégal s’est imposé comme une place de dialogue régional, notamment lors de la crise post-électorale gambienne de 2017, où l’engagement diplomatique de Dakar a contribué au départ pacifique de Yahya Jammeh. Cette stature internationale se prolonge aujourd’hui : Macky Sall est candidat à la succession d’António Guterres au poste de secrétaire général des Nations unies en 2027, une candidature que ses soutiens présentent comme la reconnaissance de son parcours diplomatique.
Un pays donné comme l’un des mieux engagés du continent
C’est ce bilan-là que ses partisans opposent au récit qui s’est imposé après son départ. En mars 2024, au moment de l’alternance, le Sénégal était présenté comme l’un des pays les mieux engagés sur la trajectoire de l’émergence en Afrique de l’Ouest, porté par une croissance alors projetée à près de 9 % grâce à la montée en puissance de ses ressources pétrolières et gazières. Pour les défenseurs de Macky Sall, c’est ce potentiel-là, patiemment construit en douze ans, qui s’est heurté de plein fouet à la controverse ouverte fin septembre 2024.
Une controverse née d’une parole politique
Les premières sorties fracassantes sur une « dette cachée », puis sur une éventuelle « falsification » des comptes publics, sont en effet intervenues à la fin du mois de septembre 2024, alors qu’Ousmane Sonko, encore Premier ministre, les a portées quelques semaines avant la dissolution de l’Assemblée nationale et les élections législatives anticipées de novembre 2024. Le rapport de la Cour des comptes, publié en février 2025, a ensuite réévalué la dette publique à près de 100 % du PIB pour 2023 (contre 65,6 % annoncés) et le déficit budgétaire à 12,3 % du PIB (contre 4,9 %), des chiffres que le Fonds monétaire international a depuis validés, évaluant à 7 milliards de dollars la dette restée hors budget entre 2019 et 2024.
Ce sont ces chiffres, une fois publiés, qui ont conduit le FMI à suspendre son programme de facilité élargie de crédit de 1,8 milliard de dollars, puis Moody’s à dégrader à deux reprises la note souveraine du Sénégal, de B1 à B3 en février 2025, suivie quelques mois plus tard par Standard & Poor’s — une dégringolade rare pour un pays qui n’était pourtant pas en défaut de paiement, et qui a renchéri le coût d’accès du Sénégal aux marchés financiers internationaux.
Mais pour les soutiens de Macky Sall, c’est moins l’existence d’un écart budgétaire que sa mise en scène politique, dès septembre 2024, qui a précipité cette dégradation : en alertant les agences de notation et les bailleurs de fonds par une communication à charge avant même qu’un audit indépendant ne soit achevé, l’exécutif aurait, selon eux, créé les conditions d’une panique évitable.
Que l’actuel président de l’Assemblée nationale reconnaisse aujourd’hui avoir parlé, à l’époque, « en tant que chef de parti » plutôt qu’en sa qualité de chef du gouvernement, et que le président sortant de la Cour des comptes se montre lui-même prudent sur les termes employés, vient, selon ce courant d’opinion, confirmer que le registre choisi en 2024 devait davantage à l’urgence d’une séquence électorale qu’à la sobriété d’un constat technique.
Cette prudence vient d’être confirmée avec plus de netteté encore. Dans un entretien accordé à L’Observateur et publié le 18 juin 2026, à la veille de passer le témoin à son successeur Abdoul Magib Guèye, Mamadou Faye a affirmé que l’expression « dette cachée » ne figure « nulle part », « dans aucune page », du rapport officiel de la Cour des comptes.
Pour les soutiens de Macky Sall, cette clarification, venant du premier magistrat financier du pays, achève de retirer tout fondement documentaire à l’accusation : selon eux, la parole du Premier ministre Ousmane Sonko, jamais étayée par la preuve formelle d’une dette dissimulée, a suffi à elle seule à plonger le Sénégal dans une profonde crise économique, financière et de confiance dont le pays peine encore à se relever — une attitude qu’ils jugent totalement irresponsable.
Par El Hadji Bamba Cissé, Consultant international



Mais dupont le tuyau que tu as filé à ton jeton Luine Sarri c’est du toc ! Il n’a rien dit que du vent… la prochaine fois, dit lui d’être plus clair dans ses prises de position
Le Senegalais est de type émotif.
C est quoi ces types de projets surfacturés au dos du pauvre gorgorlu contribuble.. Arretez vos plumes de mercenaires engagés
Lui, est un homme d’État et non un homme de détails ! Merci pour tout.
MACKY SALL.
Le président senegalais, qui apres 12 ans de régne, a fait de son pays, le PAYS le plus ENDETTÈ d’AFRIQUE.
Et il ose signer son article avec « Consultant international ». Thiey rewmi