Un site de deux hectares, initialement acquis pour des projets d’habitation, se retrouve au cœur d’une vive tension. Alors que des accusations ciblaient directement le maire concernant la cession de ces terrains, les membres du regroupement des chauffeurs impliqués dans l’achat initial sont montés au créneau pour livrer leur version des faits et clarifier le rôle de chaque acteur.
Selon Sud Quotidien, l’affaire remonte à 2004. À l’époque, le regroupement des chauffeurs du garage Lat Dior à Dakar, constitué en groupement d’intérêt économique (GIE), acquiert ce domaine foncier auprès de l’ancien maire de la capitale, Mamadou Diop. L’objectif premier était d’y aménager 111 parcelles destinées aux membres de l’organisation. Cependant, un redécoupage territorial et le prélèvement du quota réservé à la commune ont rendu la répartition équitable impossible.
Face au risque de léser une partie de ses membres, le regroupement a finalement opté pour la revente globale du site. Siny Fall, l’actuel président des chauffeurs, précise que c’est sur les conseils du maire actuel qu’ils ont été mis en relation avec une structure professionnelle. La transaction officielle a ainsi été conclue avec la société immobilière 3 KF, écartant toute vente directe aux particuliers qui se réclament aujourd’hui propriétaires.
La situation s’est complexifiée avec l’apparition de 39 familles affirmant avoir acheté des parcelles sur ce même site. Pour la direction actuelle du garage Lat Dior, la responsabilité incombe à une toute autre personne : Mor Thiam, l’ancien président du regroupement. D’après les déclarations rapportées par Sud Quotidien, ce dernier aurait mené des tractations sans aucune autorisation officielle de la base.
« On n’a pas mandaté Mor Thiam pour vendre. Il venait souvent nous annoncer une vente… Nous n’avons pas vu de client, ni argent et nous ne connaissons pas ceux avec qui il a traité », a fermement souligné Siny Fall lors de sa rencontre avec la presse.
Notre rédaction note que cette sortie médiatique visait un objectif précis : laver l’honneur de l’autorité municipale. Les chauffeurs invitent désormais les acquéreurs lésés à se tourner exclusivement vers l’ancien dirigeant syndical, affirmant que le maire n’a joué aucun rôle occulte dans les transactions litigieuses qui ont conduit à la situation actuelle des plaignants.
