Le bras de fer entre l’opérateur économique Bocar Samba Dièye et la CBAO connaît un nouveau chapitre. Le porte-parole de l’Association des commerçants et industriels du Sénégal (ACSIF), Famara Ibrahima Cissé, a une fois de plus réclamé l’intervention des plus hautes autorités de l’État dans ce contentieux qui dure depuis 2008 et dont les enjeux financiers dépassent désormais 11 milliards de francs CFA, selon les informations disponibles rapportées par ndarinfo.
Selon M. Cissé, un rapport d’expertise réalisé par le cabinet Fenixco, homologué par la justice et accepté par les deux parties, donne raison à Bocar Samba Dièye. Ce document établirait que la CBAO est débitrice envers l’homme d’affaires, et recommanderait notamment le remboursement de 2,6 milliards de francs CFA d’agios, de 390 millions de francs CFA d’intérêts et la restitution de 5,65 milliards de francs CFA prélevés indûment. Pourtant, selon le porte-parole, la justice ne fait pas appliquer ce rapport.
Famara Ibrahima Cissé a rappelé le parcours de Bocar Samba Dièye, présenté comme un opérateur économique actif depuis 1958, avant l’indépendance du Sénégal. Il aurait collaboré avec les présidents Senghor, Diouf, Wade et Macky Sall. Aujourd’hui âgé de 93 ans, il a vu treize décisions judiciaires en sa faveur être annulées successivement, une situation que M. Cissé qualifie d’incompréhensible et d’injuste.
Face à ce qu’il considère comme un déni de justice, le porte-parole de l’ACSIF a lancé un appel direct au président Bassirou Diomaye Faye et au Premier ministre, leur demandant d’intervenir pour que les sommes réclamées soient intégralement restituées à l’opérateur économique. Cet appel n’est pas le premier : en mai dernier, Bocar Samba Dièye avait déjà écrit au chef de l’État pour solliciter une audience, et l’ACSIF avait annoncé le lancement d’une pétition nationale de soutien.
Le dossier a connu plusieurs rebondissements ces derniers mois, notamment la saisie de trois immeubles appartenant à l’opérateur, malgré un jugement qui lui était favorable. La CBAO, filiale du groupe marocain Attijariwafa Bank, n’a pas réagi publiquement à ces nouvelles déclarations.
