Vous écrivez que « le temps est le plus implacable des juges » et qu’il finit toujours par démasquer l’imposture. Sur ce point au moins, nous pouvons être d’accord, à une condition toutefois : que le temps juge tout le monde, y compris ceux qui prétendent aujourd’hui distribuer les certificats de vertu et d’imposture.
Avant de chercher l’imposteur chez les autres, encore faudrait-il regarder sa propre trajectoire.
Le temps, lui, se souvient : près de sept ans ministre de Macky Sall, puis PCA de PETROSEN, avant d’appeler en janvier 2024, après l’invalidation de votre candidature, vos militants à rejoindre le candidat que vous présentiez vous-même, dans votre communiqué, comme celui « désigné par le Président Ousmane Sonko ».
Vous ne découvrez donc pas Ousmane Sonko en 2026. Vous connaissiez son discours, son tempérament, son parcours, ses méthodes politiques et les controverses qui l’entouraient.
Et malgré tout cela, c’est vers son choix politique que vous vous êtes tourné lorsque votre propre candidature n’a pas été retenue. Aujourd’hui, vous êtes ministre-directeur de cabinet du candidat qu’il a désigné.
Tout cela relève naturellement de la liberté politique de chacun. Mais cette liberté n’exonère pas d’une exigence : la cohérence.
Une question simple s’impose alors : à quelle date exacte avez-vous découvert « l’imposteur » ?
Avant janvier 2024 ? Dans ce cas, pourquoi avoir appelé vos militants à rejoindre le candidat porté par celui que vous décrivez aujourd’hui sous les traits de l’imposture ?
Après ? Alors quel fait déterminant, inconnu de vous au moment de rallier cette dynamique, aurait soudainement changé votre appréciation ?
Ou cette lecture est-elle simplement apparue depuis que les chemins du Président de la République et de son ancien Premier ministre se sont séparés ?
Votre texte pose problème non parce que vous critiquez Ousmane Sonko, nul n’est au-dessus de la critique, mais parce que vous transformez une confrontation politique contemporaine en dissertation morale intemporelle, comme si vous l’observiez depuis une chaire située au-dessus de la mêlée.
Vous n’êtes pas au-dessus de cette histoire, Professeur. Vous en êtes un acteur, et un acteur récent.
Ousmane Sonko, comme tout responsable politique, peut être critiqué sur ses actes, ses choix et ses paroles. Mais encore faut-il partir de faits précis, plutôt que d’accumuler les qualificatifs. En démocratie, les mots graves ne sauraient tenir lieu de démonstration.
Il existe d’ailleurs une ironie saisissante dans votre démonstration. Vous expliquez que l’imposteur « emprunte une image », « revêt une morale », « affiche une vertu » et utilise les valeurs comme des instruments de conquête du pouvoir.
Fort bien.
Chacun est libre d’évoluer ; encore faut-il expliquer ses propres revirements avant de faire le procès de la constance des autres. À défaut, l’évolution ressemble vite à une simple adaptation aux circonstances.
Certains y voient déjà « le supplice de Tantale ». Soit. Tantale, au moins, savait ce qui faisait son supplice ; en politique, le plus difficile reste parfois d’assumer ses propres choix.
Votre texte franchit en revanche une limite lorsque, après avoir évoqué l’imposteur, le sauveur, le prophète et le messie, vous convoquez Mussolini, Hitler et Pol Pot.
À ce niveau, nous quittons l’analyse politique pour l’amalgame historique. Comparer implicitement les dérives supposées d’un responsable politique sénégalais contemporain aux mécanismes ayant conduit au fascisme, au nazisme ou au génocide cambodgien n’ajoute aucune démonstration à votre texte, cela ajoute seulement de la gravité aux mots.
Un professeur sait pourtant que la force d’un raisonnement ne se mesure pas à la violence des références convoquées, mais à la solidité des faits qui permettent de les relier.
Vous écrivez : « Mais les faits sont têtus ».
Nous en convenons. Et c’est précisément pourquoi ils résistent aux récits de circonstance. On peut changer de camp ; on ne peut pas changer rétroactivement les faits qui ont précédé ce changement.
Assumer cette évolution comme un choix politique serait parfaitement recevable. La présenter comme une révélation philosophique l’est beaucoup moins.
Car votre propre phrase revient alors comme un boomerang : « Le temps est le plus implacable des juges. »
Oui, Professeur. Le temps jugera Ousmane Sonko. Il jugera Bassirou Diomaye Faye. Il jugera Macky Sall.
Il nous jugera tous, y compris ceux qui furent successivement proches du pouvoir, candidats contre le pouvoir, alliés de ceux qu’ils dénoncent aujourd’hui, puis serviteurs d’un nouveau pouvoir, avant de venir donner au peuple des leçons d’imposture.
Et peut-être que l’une des formes les plus subtiles de l’imposture politique consiste justement à réécrire son propre passé suffisamment vite pour pouvoir donner des leçons de cohérence aux autres.
Vous terminez en appelant les citoyens à douter, questionner et confronter les paroles aux faits.
Sur ce point encore, je vous rejoins.
Appliquons donc votre méthode : mettons vos paroles d’aujourd’hui en face de vos choix d’hier et laissons les Sénégalais juger, sur le fond comme sur la cohérence.
Parce qu’en démocratie, il n’existe ni prophète, ni messie…
ni professeur dispensé de rendre compte de ses propres contradictions.
Ndiack Lakh*

Merci pour cette pertinente analyse. Le pouvoir a fait perdre au brillant professeur sa rigueur de démonstration
@NDIAKH LAKHOU THIAKHANE
Votre guide aussi vient de découvrir Diomaye en 2026.Aida Mbodji,Habib Sy,Toussaint Manga pardon Mangane, ont tous milités dans d’autres formations.Ta parole où ton bouffon n’a aucune valeur, toi éternel candidat malheureux, ne pouvant même pas gagner ton quartier. Attention Barth mi ngui NIEUW
Très bien dit ces affamés de pouvoir qui s accrochent dernière ce traître de président ne savent pas comment les gens leur méprise
3 principaux traits de caractére du brillant prof. Mary Teuw Niane : l’abscence de loyauté, le calcul permanent et la variabilité des convictions guidées par le seul profit du moment.
M.T.N est tout simplement une variable aléatoire.
Mr L A K H facile à digérer on dirait que vous vous êtes sentis visés kou mome khare bi rek nguene bayi boume bi
Aliou top de Sénégal 24 li ngaye amoul sa khalatou bopp leu une analyse doit être simple et modeste mais pas de dialectique khana sénégalais yi dounou aye niit
tu n as pas de leçon à donner personne, ce que dit le professeur mary teuw est une vérité absolue