L’assassinat du Guide suprême iranien, l’ayatollah Ali Khamenei, par une frappe conjointe israélo-américaine, place le Liban dans une position d’équilibriste. Alors que le mouvement armé Hezbollah a officiellement annoncé son intention de riposter, les plus hautes autorités de l’État libanais se sont empressées de recadrer la situation pour éviter une nouvelle escalade militaire sur leur territoire.
Dans un communiqué diffusé dimanche, le Hezbollah a présenté ses condoléances suite à la mort d’Ali Khamenei et de plusieurs responsables iraniens. Le groupe allié à Téhéran a qualifié cette opération de « sommet de la criminalité » et s’est engagé à affronter les États-Unis et Israël. « Nous ne déserterons pas le champ d’honneur et de résistance », a déclaré l’organisation, citée par la chaîne Al Jazeera. Malgré ces déclarations, le mouvement n’a pour l’heure mené aucune action militaire contre les intérêts américains ou israéliens depuis le début des attaques samedi.
Face à cette posture martiale, l’exécutif libanais a immédiatement réagi. À l’issue d’une réunion d’urgence du Conseil supérieur de la défense, le président libanais Joseph Aoun a tenu à clarifier que « la décision de la guerre et de la paix relève exclusivement de l’État libanais ». Une position fermement appuyée par le Premier ministre Nawaf Salam. Dans une déclaration transmise à l’agence Reuters, ce dernier a prévenu qu’il n’accepterait pas que quiconque « entraîne le pays dans des aventures qui menacent sa sécurité et son unité ». Il a appelé ses concitoyens à agir avec patriotisme et à placer les intérêts du Liban au-dessus de toute autre considération.
Cette prudence institutionnelle s’explique par un contexte local particulièrement fragile. Le Liban tente de se remettre d’une guerre d’un an entre le Hezbollah et Israël, officiellement suspendue par un cessez-le-feu en novembre 2024, bien que des violations israéliennes aient été recensées depuis. Sur le plan régional, la tension est maximale : Téhéran a déjà riposté en ciblant plusieurs dizaines de bases militaires à travers le Moyen-Orient.
Sur le terrain, la mobilisation se poursuit au sein des bastions du mouvement chiite. Dimanche, des milliers de partisans se sont rassemblés dans la capitale, Beyrouth, pour pleurer la mort de Khamenei, scandant des slogans hostiles aux États-Unis et à Israël. Le Hezbollah a également appelé les mosquées des régions sous son influence à organiser des cérémonies de deuil et des récitations du Coran, un climat qui ravive le souvenir de la mort de leur ancien dirigeant, Hassan Nasrallah, intervenue plus tôt dans l’année.