L’armée israélienne intensifie sa campagne militaire au Liban avec une nouvelle série de frappes touchant plusieurs régions, dont le centre de la capitale. Cette offensive a causé d’importants dégâts matériels et de lourdes pertes humaines, poussant les organisations internationales à réagir face aux déplacements massifs de populations.
Au cœur de Beyrouth, dans le quartier de Bashoura, un bâtiment de 15 étages a été entièrement démoli à la suite d’un bombardement. Selon les informations rapportées par la chaîne Al Jazeera, dont la correspondante Zeina Khodr s’est rendue sur place, les étages inférieurs de cette structure avaient déjà été visés la semaine précédente. L’armée israélienne a justifié cette destruction totale en affirmant que le Hezbollah utilisait ce site pour y stocker de l’argent liquide. L’attaque a fait au moins six morts et des dizaines de blessés dans ce seul secteur.
Cette opération s’inscrit dans une vague de raids ayant visé le sud et l’est du pays mercredi, tuant au moins 20 personnes et en blessant 24 autres, selon le ministère libanais de la Santé publique. Dans la vallée de la Bekaa, à Sahmar, quatre habitations ont été ciblées, causant la mort de quatre individus. Des frappes ont également été signalées à Tyr et dans la zone voisine d’Al-Burj Al-Shamali avant l’aube.
Parallèlement aux bombardements aériens, Israël a annoncé mener des opérations terrestres limitées dans le sud du Liban. Des ordres d’évacuation ont été émis pour les résidents de quatre villes situées près du fleuve Zahrani et de la région de Tyr, les sommant de se diriger immédiatement vers le nord. Le Haut-Commissariat des Nations unies aux droits de l’homme a averti mardi que les ordres de déplacement massif et le ciblage délibéré d’infrastructures civiles pourraient constituer des crimes de guerre au regard du droit international humanitaire.
Face à cette avancée, le secrétaire général du Hezbollah, Naim Qassem, a énoncé ses conditions pour un arrêt des hostilités. Celles-ci incluent la fin des attaques israéliennes, le retour des populations déplacées, la libération des personnes détenues par Israël au cours des deux dernières années, ainsi que le retrait de l’armée israélienne. Sur le terrain, les combattants du mouvement tentent de repousser la progression des troupes israéliennes dans le sud du pays.
Depuis le début de cette phase du conflit le 2 mars, déclenchée dans le sillage de l’offensive américano-israélienne ayant conduit à l’assassinat du Guide suprême iranien Ali Khamenei à Téhéran le 28 février, le bilan s’établit à au moins 912 morts au Liban, dont 111 enfants. Plus de 2 200 personnes ont été blessées et plus d’un million d’habitants ont été contraints de fuir leur domicile.
Sur le plan diplomatique, le chancelier allemand Friedrich Merz a exprimé son inquiétude face à cette escalade, qualifiant l’offensive terrestre israélienne au Liban d’« erreur » susceptible d’aggraver une situation humanitaire déjà critique.