L’offensive militaire menée par les États-Unis et Israël contre l’Iran entre dans son dix-septième jour, marquant une escalade qui s’étend désormais à une douzaine de pays. Selon les informations documentées par la chaîne Al Jazeera, ce conflit a déjà causé la mort de plus de 2 300 personnes dans la région et entraîné la fermeture du détroit d’Ormuz, principale artère pétrolière mondiale.
Depuis le 28 février, l’organisation indépendante Armed Conflict Location and Event Data (ACLED) a recensé près de 2 000 incidents distincts à travers 29 des 31 provinces iraniennes. La capitale, Téhéran, subit les bombardements les plus intenses. Ces opérations visent principalement les infrastructures balistiques, nucléaires et militaires de l’Iran, ainsi que ses installations énergétiques, notamment les dépôts pétroliers de Téhéran et le port stratégique de l’île de Kharg.
Malgré cette concentration sur des sites stratégiques, les pertes civiles s’accumulent. L’Organisation mondiale de la Santé (OMS) indique qu’au moins 18 hôpitaux et centres de santé ont été touchés. L’incident le plus meurtrier recensé à ce jour s’est produit dans la ville de Minab, dans le sud-est de l’Iran : une frappe sur une école primaire pour filles a coûté la vie à plus de 170 personnes, en majorité des écolières.
Face à ces assauts, qui font suite aux frappes de juin 2025 dont le président américain Donald Trump affirmait qu’elles avaient freiné les capacités nucléaires de Téhéran, l’Iran a multiplié les ripostes. Ses forces ont lancé des salves de missiles et de drones vers Israël, tout en ciblant des raffineries, des bases militaires américaines, des aéroports et des navires commerciaux à travers les six États du Golfe. Les autorités iraniennes ont également déclaré les institutions financières et entreprises multinationales américaines au Moyen-Orient comme des cibles justifiées.
Le conflit déborde largement des frontières iraniennes. L’armée israélienne a étendu ses opérations au sud du Liban et dans la banlieue sud de Beyrouth, émettant des ordres d’évacuation forcée qui ont déplacé près d’un million de personnes. Parallèlement, les bombardements quotidiens se poursuivent sur la bande de Gaza. Tous les points de passage vers l’enclave palestinienne ont été fermés, bloquant l’acheminement de l’aide humanitaire en violation de l’accord de cessez-le-feu du 10 octobre.
Sur le plan tactique, un arsenal de pointe est déployé de part et d’autre. Le Commandement central américain (CENTCOM) rapporte l’utilisation de plus de 20 systèmes d’armes distincts. Pour la première fois, l’armée américaine a utilisé le missile de frappe de précision (PrSM) et le système de combat non habité à bas coût (LUCAS), un drone calqué sur le modèle du Shahed iranien. Des missiles de croisière Tomahawk, des drones MQ-9 Reaper et des avions F/A-18 et F-35 complètent ce dispositif, soutenu par les systèmes de défense antiaérienne Patriot et THAAD.
Du côté israélien, les interceptions sont assurées par le Dôme de fer et la Fronde de David. L’Iran s’appuie quant à lui sur une production massive de drones Shahed, difficiles à détecter au radar en raison de leur vol à basse altitude, ainsi que sur des missiles balistiques comme le Shahab-3. D’une portée supérieure à 1 900 kilomètres, ce dernier a été utilisé pour frapper le territoire israélien et les infrastructures énergétiques des pays du Golfe.