Liban : face au million de déplacés, Israël pose une condition géographique stricte pour autoriser leur retour

L’offensive militaire israélienne au Liban s’intensifie, touchant simultanément la capitale et les villages du sud. Alors que le nombre de personnes ayant fui les combats dépasse désormais le million depuis le début de ce nouveau front début mars, les autorités israéliennes redéfinissent les règles d’engagement et les perspectives d’un éventuel retour des civils dans les zones évacuées.

Mardi, l’aviation israélienne a mené une série de raids sur trois quartiers de Beyrouth. Selon l’Agence nationale de l’information libanaise (NNA), les secteurs de Kafaat et Haret Hreik ont été ciblés, ainsi qu’un immeuble résidentiel dans la zone de Doha Aramoun. Le ministère libanais de la Santé a signalé qu’une ressortissante éthiopienne a été blessée lors de ces attaques.

La frappe sur Aramoun, située juste au sud de la capitale, présente une particularité opérationnelle. La chaîne Al Jazeera, qui suit l’évolution de la situation sur le terrain, précise que ce secteur ne faisait l’objet d’aucun ordre d’évacuation préalable. L’attaque a détruit un seul étage d’un bâtiment résidentiel, une méthode généralement associée aux tentatives d’assassinat ciblé.

Sur le plan humanitaire, le bilan s’alourdit. Les autorités libanaises recensent au moins 886 morts, dont 67 femmes et 111 enfants, ainsi que 2 141 blessés depuis la reprise des hostilités. Plus d’un million de personnes sont enregistrées comme déplacées, avec environ 130 000 d’entre elles réparties dans plus de 600 centres d’hébergement collectifs. Face à cet exode massif, le ministre israélien de la Défense, Israel Katz, a fixé une limite stricte : les déplacés libanais ne seront pas autorisés à retourner chez eux « au sud de la région du Litani tant que la sécurité des résidents du nord (d’Israël) ne sera pas garantie ».

L’armée israélienne a ainsi étendu ses avertissements d’évacuation à plus de 40 kilomètres de sa frontière. En parallèle, les opérations terrestres qualifiées de « limitées et ciblées » se poursuivent. Le chef d’état-major israélien, Eyal Zamir, a affirmé sa détermination à approfondir cette guerre au Liban jusqu’à l’atteinte des objectifs militaires. Des frappes ont également touché les villages d’Arab al-Jal et de Bint Jbeil, dans le sud du pays.

En riposte, le Hezbollah maintient une pression militaire constante. Le mouvement a revendiqué des affrontements directs avec les forces israéliennes à Khiam, point d’entrée initial de l’infanterie israélienne. Notre rédaction note, d’après les informations d’Al Jazeera, que le groupe tire en moyenne une centaine de roquettes par jour vers le territoire israélien, forçant des centaines de milliers d’Israéliens à se réfugier dans des abris.

Les perspectives diplomatiques demeurent fragmentées. Le ministre israélien des Affaires étrangères, Gideon Sar, a déclaré qu’il n’y avait aucune intention de poursuivre des pourparlers dans l’immédiat. Toutefois, des responsables militaires israéliens évoquent la possibilité que de futures discussions servent de cadre à un retrait du Liban.

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