LFR 2026, dette, FMI : Abdourahmane Sarr propose quatre pistes de compromis

L’ancien ministre de l’Économie, Abdourahmane Sarr, appelle à un compromis entre l’Exécutif, le Législatif et le Fonds monétaire international (FMI) autour de la gestion budgétaire et de la dette du Sénégal. « Le Sénégal doit à présent sécuriser le programme avec le Fonds Monétaire International », estime-t-il, plaidant pour une consolidation budgétaire crédible et une stratégie nationale de gestion de la dette.

Dans une contribution, il propose d’abord une Loi de finances rectificative (LFR) 2026 plus réaliste. Les investissements publics prévus atteignent 2 249 milliards de FCFA, contre 1 472 milliards réalisés en 2025, soit « une hausse de plus de 50 % ». Pour lui, une programmation fondée sur l’exécution effective devrait permettre de financer les subventions énergétiques plus élevées que prévu et de contenir le déficit. Il estime également que « le législatif ne devrait pas considérer les investissements sur PRES intouchables ».

Pour la Loi de finances initiale (LFI) 2027, l’ancien ministre préconise une politique cohérente avec la révision budgétaire de 2026. Il propose notamment une réduction simultanée des taxes pétrolières et des subventions énergétiques afin de préserver le pouvoir d’achat et la compétitivité tout en maîtrisant leur impact budgétaire. Il cite la Côte d’Ivoire comme référence, soulignant qu’elle affiche une pression fiscale plus faible et une croissance d’environ 6 %, malgré un niveau d’investissement public inférieur.

Abdourahmane Sarr défend par ailleurs un retour du déficit budgétaire à 3 % du PIB en 2027, comme prévu. Cet objectif suppose, selon lui, de maîtriser les investissements publics ainsi que les dépenses en biens et services. Il préconise également le refinancement de la dette sénégalaise sur le marché régional, « y compris en y invitant des non-résidents avec ou sans TRS », tout en s’appuyant sur les financements concessionnels pour réduire le coût de la transition.

Enfin, l’ancien ministre appelle à une transformation plus profonde du modèle économique. Selon lui, le Sénégal a emprunté pour construire des infrastructures « en espérant que la croissance suivrait », mais « la transformation productive attendue n’a pas suffisamment suivi ». Il estime qu’augmenter la fiscalité pour continuer à investir ne suffira pas à changer fondamentalement ce modèle. L’enjeu est plutôt d’engager « une transformation systémique fondée sur la compétitivité, la productivité et l’investissement privé ». Il rappelle que la Déclaration de politique générale d’Ousmane Sonko de 2024 avait déjà présenté cette orientation, développée dans sa contribution intitulée « Le Cap et la Méthode, La Transformation Systémique ».

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Un commentaire

  1. Accepter de simples « ajustements budgétaires » sous prétexte de rassurer le FMI sans exiger une reddition des comptes rigoureuse, c’est imposer une double peine au peuple sénégalais.
    ​Comment peut-on demander aux citoyens de serrer la ceinture et de subir la réduction des subventions pour éponger une dette cachée, tout en fermant les yeux sur les responsabilités de ceux qui ont orchestré cette faillite ?
    ​Le réalisme économique ne doit pas servir de paravent à l’impunité. Sans justice, sans lumière sur les milliards volatilisés et sans poursuites contre les coupables, aucun « compromis » ne sera légitime. On ne peut pas demander au peuple de payer les pots cassés pendant que les architectes du naufrage s’en tirent à bon compte. La rigueur budgétaire sans la justice financière est une insulte au peuple sénégalais.

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