Le Sénégal fait face à une rupture critique de son stock de préservatifs, à quelques mois de l’ouverture des Jeux olympiques de la jeunesse (JOJ) de Dakar 2026.
Pendant des années, le stock national, distribué gratuitement dans le cadre des politiques de prévention, a dépendu quasi exclusivement des financements de l’Agence des États-Unis pour le développement international (USAID). Cette chaîne de solidarité a été rompue sous la présidence de Donald Trump, qui a supprimé l’aide à l’achat de préservatifs pour les pays africains, comme l’a rapporté Kawtef. Depuis, les réserves n’ont pas été renouvelées à un niveau suffisant.
L’imminence des JOJ met en exergue les conséquences de ce désengagement. Dans la logistique des grandes compétitions internationales, l’accès massif et gratuit aux préservatifs constitue une norme sanitaire incontournable. Les autorités sénégalaises se retrouvent donc au pied du mur, contraintes de décaisser des fonds d’urgence sur le budget national ou de négocier une ligne budgétaire dédiée auprès du Comité national d’organisation.
Des progrès contre le VIH menacés
Ce manque intervient dans un contexte de fragilisation de la lutte contre le VIH au Sénégal. Fin 2025, le pays avait déjà enregistré une baisse des financements internationaux. Le Conseil national de lutte contre le sida (CNLS) alertait sur un risque de rebond de l’épidémie, appelant à « se réinventer » face aux coupes brutales. Le Sénégal maintient un taux de prévalence du VIH à 0,3 % et traite 70 % des personnes vivant avec le virus, mais ces acquis pourraient être compromis sans une prévention efficace.
Les spécialistes rappellent que la gestion du stock de préservatifs est un levier fondamental pour préserver ces résultats. Les semaines à venir seront décisives pour que les autorités réagissent.
Le Sénégal maintient un taux de prévalence du VIH de 0,3 %.


