L’État sénégalais assume 540,3 milliards de plus pour soutenir l’énergie

Comment l’État sénégalais explique-t-il la hausse de son soutien à l’énergie dans le projet de loi de finances rectificative (LFR) 2026 ? Les subventions énergétiques sont évaluées à 790,3 milliards FCFA, contre 250 milliards dans la loi de finances initiale.

L’écart atteint 540,3 milliards FCFA, soit plus de trois fois le montant budgété au départ. Transmise à l’Assemblée nationale le 18 septembre 2026, la LFR revoit aussi les prévisions de croissance à la baisse, prévoit un recul des recettes fiscales et des investissements, et porte le déficit budgétaire à 7,6 % du PIB.

Lors d’une conférence de presse du gouvernement organisée un dimanche, le ministre de l’Économie, des Finances et du Plan a confirmé le renforcement de l’enveloppe. Le chiffre rejoint celui avancé par le Premier ministre Ahmadou Al Aminou Lo, qui avait évoqué un choc d’environ 540 milliards FCFA pris en charge par le budget de l’État plutôt que par les consommateurs. Le ministère explique cette réévaluation, rapporte dakaractu, par la hausse des prix internationaux de l’énergie et les tensions géopolitiques.

La pression s’est aussi traduite par une hausse de certains prix à la pompe. À partir du 15 août 2026, le litre de supercarburant est passé à 990 FCFA, en hausse de 70 FCFA, et celui du gasoil à 755 FCFA, soit 75 FCFA de plus. Le gouvernement a justifié cet ajustement par la flambée des cours mondiaux et l’a présenté comme un retour aux prix d’avant la baisse du 6 décembre 2025. Le gaz domestique et l’essence destinée aux pirogues, eux, n’ont pas été concernés. Le baril s’échangeait à 88 dollars le 3 août, contre 64 dollars retenus dans les prévisions initiales.

Sans cet effort budgétaire, selon le ministre, les répercussions auraient concerné les prix à la pompe, les transports, le coût de la vie et l’approvisionnement. Le soutien public vise donc à amortir une partie du choc, même si l’ajustement des carburants automobiles montre que la hausse des cours n’est pas entièrement absorbée par l’État.

Le ministère affirme que ces subventions « protègent le pouvoir d’achat et assurent la continuité du service énergétique ». Leur forte augmentation pèse toutefois sur des finances publiques déjà révisées en profondeur dans la LFR 2026.

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