Les répercussions du conflit au Moyen-Orient se font directement ressentir sur le front est-européen. Alors que l’attention internationale et les ressources militaires américaines se réorientent massivement vers l’Iran, le président ukrainien Volodymyr Zelensky s’est rendu à Londres ce mardi pour sécuriser une stratégie alternative de défense.
Reçu au 10 Downing Street par le Premier ministre britannique Keir Starmer, le dirigeant ukrainien a signé un nouveau partenariat de défense. Cet accord vise à combiner l’expertise ukrainienne, acquise sur le terrain, avec la base industrielle britannique pour fabriquer des intercepteurs de drones et développer des capacités en guerre électronique. Lors de cette rencontre, à laquelle devait se joindre le secrétaire général de l’Otan Mark Rutte, Keir Starmer a insisté sur la nécessité de maintenir le cap sur l’Ukraine malgré l’escalade au Moyen-Orient.
Selon Al Jazeera, la guerre impliquant les États-Unis et Israël en Iran draine actuellement les stocks de missiles de défense aérienne américains. Ces munitions sont pourtant cruciales pour permettre à Kiev de repousser les frappes russes. Pour compenser ce déficit et obtenir les systèmes de défense onéreux dont elle a besoin, l’Ukraine tente de capitaliser sur son savoir-faire technologique. Volodymyr Zelensky a ainsi révélé que plus de 200 experts ukrainiens sont actuellement déployés au Moyen-Orient pour aider des pays de la région à abattre des drones iraniens.
Sur le plan diplomatique, les efforts de paix parrainés par Washington patinent. En parallèle, les États-Unis ont partiellement allégé certaines sanctions contre Moscou dans le but de stabiliser les prix du pétrole, qui ont flambé suite aux frappes en Iran. Dans ce contexte, le ministre turc des Affaires étrangères, Hakan Fidan, s’est entretenu avec son homologue russe Sergueï Lavrov pour réitérer la proposition d’Ankara d’accueillir un nouveau cycle de négociations.
Sur le terrain, les combats se sont intensifiés. Les autorités ukrainiennes affirment que leurs récentes contre-attaques ont fait dérailler les plans d’offensive de Moscou prévus pour le mois de mars. La nuit de lundi à mardi a été marquée par des échanges massifs de tirs. L’armée de l’air ukrainienne a recensé le lancement de 178 drones russes à longue portée, dont 154 ont été interceptés ou brouillés. L’une des frappes a touché un terminal de l’entreprise de livraison Nova Poshta à Zaporijjia, faisant huit blessés.
De son côté, le ministère russe de la Défense a rapporté la destruction de 206 drones ukrainiens au cours de la même nuit, ciblant plusieurs régions russes, la péninsule de Crimée et la mer d’Azov. Quarante de ces appareils se dirigeaient vers Moscou. Interrogé sur cette recrudescence d’attaques visant la capitale, le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov, a qualifié ces opérations de résistance vaine de la part de Kiev.