Le président iranien Massoud Pezeshkian et son homologue français Emmanuel Macron se sont entretenus par téléphone ce dimanche pour aborder les récents développements sécuritaires au Moyen-Orient. Cet échange intervient dans un climat de haute tension, à la suite de l’offensive militaire majeure menée par les États-Unis et Israël contre l’Iran à la fin du mois de février.
Selon les informations rapportées par l’agence Anadolu, s’appuyant sur l’agence iranienne Tasnim, le dirigeant iranien a profité de cette discussion pour détailler l’origine des attaques ayant visé son pays. Massoud Pezeshkian a souligné que certaines de ces frappes avaient été opérées depuis le territoire d’États du Golfe. Il a qualifié la mise à disposition de ces territoires et moyens logistiques au profit des opérations américaines de pratique contraire au droit international et au principe de bon voisinage.
Au cours de l’entretien, le président iranien a réaffirmé que son gouvernement et ses forces armées ne cherchaient pas le conflit, tout en insistant sur leur détermination à défendre l’intégrité territoriale de l’Iran. Il a imputé la responsabilité de l’instabilité régionale aux actions d’Israël, notamment à Gaza et au Liban, ainsi qu’aux opérations militaires menées contre Téhéran avec la participation de Washington. Le dirigeant a également adressé des critiques à l’égard de certains pays européens, leur reprochant de soutenir les initiatives israélo-américaines dans la région.
De son côté, la présidence française n’a pas immédiatement communiqué sur le contenu exact de cet appel. Toutefois, les sources iraniennes indiquent qu’Emmanuel Macron a fait part de ses vives préoccupations concernant l’escalade militaire en cours. Le chef d’État français a mis l’accent sur la situation dans le détroit d’Ormuz et les affrontements entre le Hezbollah et Israël, plaidant pour une fin des hostilités. Les deux dirigeants ont par ailleurs évoqué des dossiers consulaires, incluant la situation de leurs ressortissants respectifs actuellement en détention.
Cette conversation s’inscrit dans le sillage direct des frappes américano-israéliennes du 28 février, un événement au cœur d’une crise régionale majeure qui a poussé plusieurs États à prendre des mesures d’urgence face à l’embrasement du Golfe. Le bilan communiqué par les autorités iraniennes fait état de plus de 1 348 morts et 17 000 blessés, incluant la mort de l’ancien guide suprême, l’ayatollah Ali Khamenei, et de plusieurs hauts responsables. En riposte, l’Iran a ciblé diverses installations, notamment des bases américaines stationnées au Qatar, aux Émirats arabes unis et à Bahreïn, ainsi que des positions en Israël.