Comment bâtir une souveraineté économique durable sans offrir des perspectives à une jeunesse confrontée à un chômage massif ? Cette question était au cœur du Forum économique des dirigeants chrétiens d’entreprises, tenu récemment à Dakar.
Réunis autour du thème « Souveraineté économique : enjeux pour le développement et l’emploi des jeunes », responsables religieux, entrepreneurs et autorités publiques ont unanimement souligné l’urgence d’agir. L’archevêque de Dakar, Mgr André Guèye, a exhorté les chefs d’entreprise à assumer leur responsabilité sociale, déclarant que « la création d’emplois représente la voie royale pour répondre au devoir de solidarité envers les plus pauvres » (Apanews). Il a plaidé pour une économie centrée sur la personne humaine, où le profit reste un moyen au service du développement.
Pour Étienne Diène, président de l’Association des dirigeants et entrepreneurs chrétiens du Sénégal (ADECCS), le défi principal demeure la formation et l’insertion professionnelle des jeunes. La ministre de la Jeunesse, Clotilde Diémé, a inscrit cette ambition dans la Vision Sénégal 2050, appelant les entrepreneurs à investir davantage dans les initiatives portées par les jeunes et à structurer des filières locales créatrices d’emplois décents.
Cette mobilisation intervient dans un contexte alarmant. Selon des données publiées en avril 2026 par l’Agence nationale de la statistique et de la démographie (ANSD), 33,5 % des jeunes Sénégalais ne sont ni en emploi, ni en formation. Le taux de chômage élargi atteint 23,3 %, en hausse sur un an. Face à cette urgence, d’autres initiatives ont vu le jour, comme la convention And Yombal Xëy signée le 23 avril 2026 entre l’État et le secteur privé pour booster l’emploi.
À l’issue des travaux, les participants au forum entendent formuler des recommandations dans un document baptisé « Forum de Dakar », qui sera transmis aux autorités compétentes.

