Le Vietnam renouvelle son parlement : la composition des listes électorales dévoile une statistique qui fige le scrutin

Plus de 73 millions d’électeurs sont convoqués aux urnes ce dimanche au Vietnam pour élire les 500 membres de l’Assemblée nationale. Ce scrutin, organisé tous les cinq ans, se déroule dans un cadre institutionnel strictement défini, où l’offre politique laisse peu de place au suspense.

L’enjeu de cette élection réside moins dans un basculement du pouvoir que dans la confirmation d’une hégémonie. Sur les 864 candidats en lice, près de 93 % sont directement issus du Parti communiste au pouvoir. La part des candidats indépendants a encore reculé, s’établissant à seulement 7,5 % selon le conseil électoral national, contre 8,5 % lors du précédent vote en 2021. Actuellement, la formation dirigeante occupe 97 % des sièges de cette Assemblée, dont la fonction principale est d’entériner les décisions de l’exécutif.

Dans les rues de la capitale, Hanoï, pavoisées de banderoles rouges et jaunes, les opérations de vote ont débuté tôt dans la matinée. Les attentes exprimées reflètent une certaine dualité au sein de la population. D’un côté, des électeurs espèrent que leurs futurs représentants soutiendront la modernisation économique du pays, portée par les réformes du dirigeant To Lam. De l’autre, un sentiment de détachement prédomine chez une partie des citoyens, conscients que les orientations majeures sont décidées en amont par les hauts cadres du parti. La chaîne Al Jazeera, qui a suivi le déroulement du vote, souligne d’ailleurs cette résignation chez plusieurs habitants pour qui l’identité des vainqueurs locaux n’aura que peu d’impact sur leur quotidien.

Les bureaux de vote doivent fermer à 19 heures (heure locale), et les résultats définitifs sont attendus pour le 23 mars. La nouvelle Assemblée nationale se réunira début avril lors d’une session plénière inaugurale. Les législateurs y approuveront formellement les plus hauts dirigeants de l’État, dont le président et le Premier ministre, préalablement désignés par le parti. En janvier dernier, lors de son congrès, la formation politique avait déjà confirmé To Lam au poste de secrétaire général, la fonction la plus puissante du pays, et nommé les 19 membres de son bureau politique.

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