InfoElles, en partenariat avec l’UNESCO, a mené une campagne de sensibilisation de trois jours auprès de plusieurs journalistes sur le traitement des violences basées sur le genre [VBG] et les stéréotypes sexistes. L’objectif de cette formation est de fournir aux acteurs des médias les outils nécessaires pour intégrer pleinement cette problématique dans leur ligne éditoriale, celle-ci étant encore trop souvent reléguée au second plan.
Le traitement des VBG ne doit plus être relégué aux simples faits divers, plaide Alice Djiba.
» Pour ce faire, la formation des journalistes à la sensibilisation est essentielle. Afin de mieux les outiller, un guide de reportage sera partagé avec les acteurs des médias pour qu’ils maîtrisent les techniques de couverture médiatique. De plus, un lexique sur le genre sera mis à la disposition des journalistes. Cet outil leur permet d’utiliser les termes appropriés, de nommer les réalités correctement et de renforcer l’impact de leur sensibilisation. »
Sortir du simple » fait divers » , le pouvoir des mots : un lexique pour le changement
Le traitement des VBG ne doit plus être limité à la rubrique des faits divers insiste la Présidente de Infoelles.
» Et pour opérer ce changement de paradigme, la formation et la sensibilisation des professionnels sont essentielles. Afin de mieux les accompagner avec un guide de reportage, leur permettant de maîtriser les techniques spécifiques de couverture médiatique liées à ce sujet sensible. Car le choix des mots influence directement la perception sociale. »
Abordant dans le même sens, Michel Kedmou , Conseiller Afrique de l’Ouest pour la communication et l’information au bureau régional multisectoriel de l’Unesco, soutient que la question du genre figure parmi les priorités de l’organisation.
Et pour lui, »l’objectif est qu’à travers la formation, les journalistes participent activement à la lutte contre les VBG. » Le représentant avertit que le traitement médiatique est à double tranchant : il peut soit amplifier le phénomène et normaliser certains stéréotypes, soit contribuer à faire avancer le débat et impulser des actions concrètes pour endiguer ce fléau dans la société.
Après la session avec les journalistes, la campagne va se poursuivre à Dakar, Thiès, Kaolack, Saint-Louis et Ziguinchor, où cent journalistes seront formés sur la question, rassure Alice Djiba.