Le rapport Sénégal & Afrique du Global Media Monitoring Project (GMMP) 2025 a été lancé autour du thème : « De l’Évidence à l’Action : Faire progresser des systèmes médiatiques sensibles au genre en Afrique ». La cérémonie s’est tenue en présence de la directrice du Réseau interafricain pour les femmes, les médias, le genre et le développement, Amie Joof Cole (FAMEDEV), du représentant du maire, M. Fadel Mbaye, et de la chargée de programme de la Fondation Hewlett Packard, Mme Diakhoumba Gassama. Les résultats montrent que les femmes représentent seulement 26 % des personnes visibles dans les médias traditionnels et 29 % dans les médias en ligne.
Au niveau mondial, l’étude repose sur l’analyse de 29 935 articles de presse, examinant 58 321 personnes et 26 560 professionnel·les des médias dans 94 pays, lors de la journée mondiale de monitorage du 6 mai 2025.
Depuis 1995, la progression n’est que de 9 points dans les médias traditionnels et de 4 points dans les médias numériques.
Dans certains domaines, la situation reste très déséquilibrée. Les femmes ne représentent que 15 % des sources et des sujets dans l’actualité sportive. Elles sont aussi deux fois plus souvent présentées comme victimes que les hommes.
Concernant les journalistes, les femmes constituent environ 37 % des professionnels dans les médias traditionnels. Toutefois, elles dominent désormais certains secteurs, notamment l’information scientifique et médicale, où elles représentent 52 % des reporters.
Le rapport souligne également que moins de 2 % des articles traitent de la violence sexiste, alors qu’une femme ou une fille sur trois est concernée dans le monde.
Selon les conclusions, entre 65 % et 75 % des inégalités de genre dans les médias ne reflètent pas la réalité sociale, mais résultent plutôt de biais dans la production de l’information.
Lors de la cérémonie de clôture, Mme Amie Joof Cole a appelé à passer « du constat à l’action », en plaidant pour des politiques éditoriales inclusives, une meilleure représentation des femmes comme expertes, et une lutte active contre les stéréotypes dans les médias.
Pour rappel, Ziguinchor a accueilli cette 7e édition du Projet Mondial de Monitorage des Médias, qui a duré deux jours et a vu la participation de plusieurs journalistes venus des régions du pays ainsi que d’autres membres du Réseau Interafricain pour les Femmes, Médias, Genre et Développement (FAMEDEV) de la sous-région.