Alors que le président américain Donald Trump a prolongé le cessez-le-feu pour une durée indéterminée suite à l’absence des négociateurs iraniens au Pakistan, la tension ne retombe pas. Les autorités militaires iraniennes multiplient les démonstrations de force et formulent de nouvelles menaces ciblant des infrastructures stratégiques dans la région.
Dans les rues de Téhéran, des parades militaires ont marqué la fin de la trêve initiale de deux semaines. Selon les informations rapportées par Al Jazeera, un missile balistique Khorramshahr-4 et un lanceur de missile Ghadr ont été exhibés devant la foule. Les médias d’État maintiennent une ligne dure, un présentateur affirmant même que 87 % des Iraniens préféreraient retourner à la guerre plutôt que d’accorder des concessions majeures. Des images de femmes armées de fusils d’assaut et de missiles roses ont également été diffusées par les autorités pour afficher un soutien populaire à l’effort militaire.
Au-delà de ces rassemblements, de nouvelles cibles de représailles ont été évoquées face au maintien du blocus naval américain. L’agence de presse Tasnim, liée au Corps des gardiens de la révolution islamique (CGRI), a suggéré que les câbles internet sous-marins à haut débit pourraient être visés. Une telle action provoquerait une catastrophe numérique pour les pays arabes voisins, fortement dépendants de cette infrastructure. Sur le terrain, le CGRI a par ailleurs annoncé l’arraisonnement de deux navires dans le détroit d’Ormuz, au motif qu’ils ne disposaient pas des autorisations nécessaires.
Sur le plan diplomatique, les discussions prévues à Islamabad demeurent au point mort. Mohammad Bagher Ghalibaf, chef de la délégation iranienne, a reconnu la supériorité financière et matérielle des États-Unis, tout en qualifiant l’Iran de victorieux sur le terrain et en décrivant les négociations comme une méthode de combat. De son côté, Donald Trump a justifié la prolongation du cessez-le-feu en affirmant que le gouvernement iranien est profondément fracturé et en situation d’effondrement financier.
En interne, certaines voix mettent en garde contre l’impact matériel du conflit. Abdolhamid Ismaeelzahi, dirigeant sunnite de la province du Sistan-et-Baloutchistan, a exhorté à la conclusion d’un accord équitable, soulignant que l’espace aérien du pays est occupé par l’ennemi et que les infrastructures nationales se trouvent au bord de la destruction après quarante jours de frappes sur le territoire.