La dégradation sécuritaire s’accélère dans le nord-ouest du Nigeria, où des groupes armés venus du Sahel multiplient les infiltrations. Face à cette menace, le gouvernement fédéral veut muscler sa coopération militaire avec ses voisins.
Le ministre nigérian de la Défense, le général à la retraite Christopher Musa, a déclaré le 2 juillet que son pays souhaitait renforcer sa collaboration avec le Bénin et le Niger, notamment pour mener des opérations de l’autre côté des frontières. Selon lui, le Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (Jnim) tente d’utiliser le Bénin comme point de passage depuis le Burkina Faso pour pénétrer au Nigeria. Ce plan de coopération est « en cours d’élaboration », a-t-il précisé.
Une collaboration déjà opérationnelle
Cette dynamique n’est pas nouvelle. Des troupes béninoises ont déjà conduit des interventions sur le territoire nigérian avec l’accord d’Abuja, a confirmé le ministre. Il y a urgence à empêcher les jihadistes de progresser plus au sud, estime-t-il. Le nord-est du Nigeria est en proie à une insurrection depuis 2009, menée par Boko Haram puis par l’État islamique en Afrique de l’Ouest (Iswap).
L’initiative s’inscrit dans un contexte régional marqué par plusieurs appels à l’unité. En avril, Christopher Musa avait déjà exhorté, sur TRT Africa, les peuples du Nigeria, du Burkina Faso, du Mali et du Niger à joindre leurs efforts contre le terrorisme. De son côté, l’Alliance des États du Sahel (AES) a mis en place en mai une force unifiée et un état-major conjoint basé à Niamey. Le Bénin, lui, a vu l’investiture en mai du nouveau président Romuald Wadagni, qui a fait de la sécurisation du nord du pays une priorité.
Parallèlement, les États-Unis ont retiré « une grande partie » des militaires déployés en mai pour une opération qui a permis d’éliminer Abou-Bilal al-Minouki, numéro deux de l’État islamique dans la zone. Le général américain Dagvin Anderson, chef de l’Africom, a toutefois assuré à Luanda que la coopération avec le Nigeria se poursuivait, notamment pour le partage de renseignements. Il a qualifié cette approche de « modèle » susceptible d’inspirer l’avenir de la présence militaire américaine sur le continent. Ces informations ont été rapportées par l’AFP et RFI Afrique.
