Le directeur général du Fonds de développement des cultures urbaines et des industries créatives (FDCUIC), Seck Dieng, a annoncé que son institution entamait une réflexion approfondie sur son modèle économique. Cette remise en cause du financement non remboursable, pilier actuel du Fonds, pourrait déboucher sur des changements majeurs.
« Parmi les réflexions les plus denses que nous menons au niveau des organes stratégiques de gestion, il y a la question de la révision du modèle économique », a-t-il confié à l’APS. Le directeur général s’interroge ainsi sur la pertinence de continuer un système de subventions sans obligation de remboursement et sur sa durabilité à long terme.
Le modèle actuel a permis de soutenir de nombreux projets à travers le pays. En août 2025, 52 millions de francs CFA avaient été octroyés à 26 initiatives culturelles dans les régions de Kolda, Sédhiou et Ziguinchor, illustrant l’ampleur des subventions non remboursables.
Mais pour M. Dieng, des impératifs s’imposent. « Le secteur a besoin de logistique, d’infrastructures dédiées », a-t-il souligné, regrettant un manque criant. Le Fonds, qui doit aussi pouvoir servir de fonds de garantie, n’en a pas encore la capacité. Ces limites poussent à repenser le financement, au-delà de la simple dotation étatique annuelle d’un milliard de francs CFA. « Est-ce qu’on va continuer sur ce modèle au risque de devenir une sorte de guichet automatique de distribution de subventions ? Ça ne peut pas continuer comme cela », a-t-il prévenu.
Le patron du FDCUIC plaide pour une transition maîtrisée. Il a toutefois prévenu qu’il ne faut pas « un sevrage brutal », car les subventions ont permis de structurer le secteur.

