Le waqf, instrument de solidarité fondé sur l’immobilisation d’un bien au profit d’œuvres d’intérêt général, consolide son ancrage au Sénégal. Lors de la deuxième édition de son Iftar institutionnel, réunissant acteurs publics, religieux et financiers, la Haute autorité du waqf (Haw) a dressé le bilan de son dernier exercice financier, mettant en lumière une progression des formalisations et identifiant une importante marge de croissance pour les années à venir.
Selon les informations rapportées par le journal Le Quotidien, la dynamique de développement des waqf privés a connu une accélération marquée entre janvier 2025 et janvier 2026. Le Directeur général de la Haw, Dr Ahmed Lamine Athie, a annoncé l’enregistrement de douze nouveaux waqf privés sur cette période. Cette donnée correspond à une progression de 140 % par rapport à l’année 2023, qui n’en comptait que cinq, tandis qu’aucune création n’avait été actée en 2024. La valeur cumulée de ces douze nouvelles dotations s’élève à 408 millions 700 mille francs Cfa.
À ce jour, la valeur globale des waqf formalisés auprès des notaires et enregistrés par l’institution est estimée à 4 milliards 654 millions 586 mille 500 francs Cfa. Toutefois, les perspectives de la Haute autorité vont bien au-delà de ces montants déjà sécurisés. Dr Athie a révélé que 399 autres waqf ont été identifiés à travers le pays mais demeurent, pour la plupart, non enregistrés. Cette réserve en attente de formalisation représente un potentiel financier évalué à plus de 17 milliards de francs Cfa, illustrant la capacité de cet outil à devenir un levier complémentaire significatif pour le financement du développement.
L’année 2025 a également permis d’avancer sur la structuration des waqf publics, désormais opérationnels à travers trois instruments complémentaires : immobilier, monétaire et agricole. Pour l’exercice en cours, la Haw s’est fixé plusieurs objectifs prioritaires, dont la finalisation du projet de révision de la loi relative au waqf, la consolidation du Fonds waqf public monétaire, et l’élaboration d’un document stratégique visant à intégrer la contribution de la Haw à l’Agenda Sénégal 2050.
Le gouvernement soutient cette dynamique de structuration. Dans un message transmis par le ministre d’État Ahmadou Al Aminou Lô, au nom du ministre de l’Éducation nationale Moustapha Guirassy, les autorités ont encouragé l’institution à consolider son cadre juridique et ses mécanismes de gouvernance. Le président de la Commission de supervision de la Haw, El Hadji Amar Lô, a pour sa part invité le secteur privé, les partenaires techniques et la diaspora à s’approprier davantage ce modèle de solidarité, juridiquement encadré et orienté vers un impact social mesurable.