Des groupes de ressortissants guinéens et nigériens dorment à même le sol dans plusieurs quartiers de Dakar. C’est le constat dressé par le député Tahirou Sarr à l’issue d’une tournée dans la capitale, comme le rapporte Dakaractu. Le parlementaire a visité Liberté 6, la zone d’Auchan, une zone de captage et un site proche d’une brigade de gendarmerie.
Partout, il dit avoir observé « désordre, anarchie et insalubrité ». Tahirou Sarr parle de « sites dortoirs » où s’entasse une population étrangère vivant dans des conditions précaires. Il met cette situation en lien avec l’absence d’une politique rigoureuse de gestion du séjour des étrangers au Sénégal.
Une interpellation du président et du ministre de l’Intérieur
Au terme de sa descente sur le terrain, le député a adressé une interpellation au président Bassirou Diomaye Faye et au ministre de l’Intérieur et de la Sécurité publique, Mouhamadou Makhtar Cissé. Il a rappelé le principe de libre circulation des biens et des personnes au sein de la CEDEAO, tout en soulignant qu’après 90 jours de présence sur le territoire, l’État doit régulariser le séjour des ressortissants étrangers. Selon lui, cette obligation n’est pas respectée.
Tahirou Sarr, qui avait déjà contesté l’interdiction d’occuper les autoponts, échangeurs et autres ouvrages publics à Dakar, juge cette mesure inadaptée tant que les entrées restent incontrôlées. Il a maintes fois dénoncé que des étrangers entrent et s’installent au Sénégal sans contrôle d’identité rigoureux ni cadre migratoire clairement défini. Le parlementaire a rappelé une disposition communautaire permettant à un État membre de renvoyer une communauté étrangère dont la présence deviendrait préoccupante pour l’ordre public. Il a appelé à la mise en place d’une carte de séjour efficace et a interrogé le gouvernement sur les modalités de contrôle aux frontières, s’étonnant que des personnes puissent entrer sur le territoire national sans document d’identité international reconnu.
