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L’auteur Abdourahmane Bakhoum sort son premier recueil de poésie, “Les Couleurs D’ombres”

Enseignant de formation, le jeune écrivain Sénégalais Abdourahmane Bakhoum vient de publier, aux Editions Elites du Sénégal, son tout premier recueil de poésie intitulé “Les Couleurs D’ombres”.

Dans le texte ci-dessous, l’auteur vous présente tout qu’on peut retenir de cette œuvre poétique aux multiples couleurs littéraires.

Je me suis toujours dit que la vocation d’un écrivain doit être celle d’un éclaireur qui, à l’image d’un miroir reflète sa propre personnalité. En faisant transparaître ses propres sentiments, ses visions, ses regrets ou remords, le poète arrive par cette pédagogie à illuminer sa propre société. Il en devient dès lors un sacerdoce, «  la nécessité d’écrire, de peindre des tableaux… ».
cf. Les couleurs d’ombres(Avant-propos)

Comme tout autre poète j’ai perdu des êtres chers. Après la mort de ma mère en 2009 je me sentais si meurtri que je voulais tout faire basculer d’un seul coup. Parce que je ne voyais plus la personne pour qui je me battais. Ensuite, j’en perdais d’autres dont ma bajen Awa Bakhoum, mon cousin Mamadou Fall Seye, mam Adja Coumba Camara qui m’a entretenu et accompagné dans mes études universitaires à Dakar. La conclusion que je tire de ces pertes est une bonne raison d’être un homme qui rend service et hommage par la passion motivée par l’art littéraire.
Ecrire, selon le grand écrivain français et Prix Nobel de Littérature, Alexis Leger dit Saint-John Perse est une source intarissable de vitalité. Cette grâce alimente sans cesse la modeste personne que je suis. Il m’arrive souvent de peindre des tableaux au moment-même où les ténèbres s’enlisent dans une de ces noirceurs indescriptibles de l’assise nocturne. Car ce serait juste pour « mieux vivre », rien de plus, rien de moins.

Les textes dans mon ouvrage, par la magie des vers donnent une nette impression sur les charmes des valeurs culturelles du Sénégal. La riche panoplie du patrimoine immatériel doit inspirer les écrivains davantage. Par le biais des vers et de mes voyages à travers le pays, je pourrai montrer à ma manière une diversité culturelle, ethnique et une histoire authentique digne du Sénégal.

De surcroît, notre société actuelle est de plus en pus mortifiée par des tares comme la perversion des jeunes, la corruption, les malversations, la gabegie, l’injustice, les lenteurs administratives entres autres. Tout cela participerait à un déclin total, un manque de confiance accentué des plus pauvres qui supportent incapables le mal infligé par les autres, le vol, la délinquance…

C’est ainsi qu’il m’est revenue depuis deux années l’idée de témoigner au fur et à mesure mon vécu et celui des autres dans ce recueil de poèmes, Les couleurs d’ombres. Cet ouvrage est constitué de quarante neuf textes en vers très souvent rimés.

En effet, le recueil renferme cinq chapitres (« L’orphelinat, Njirim », « des tableaux en miniatures », « des lueurs d’espoirs », « les germes de la méditation » et « les sentences arbitraires ») bien explorés par le préfacier, poète et auteur de JOURNAL D’UN SCHIZO, Laïty Ndiaye :

« ―Orphelinat, Njirim ressemble fort à une série de récits d’une enfance orpheline de quelques proches mais pas de souvenirs de moments et encore moins d’amour. Cet amour-là aux multiples visages présent en fond sonore.

Mes yeux fixés sur mes souvenirs sombres,
Où je trempais ma vieille plume dans la pénombre,
Balayant mes regrets et mes craintes d’antan
À l’horizon où me revint ma petite sœur de sang
Qui furtivement disparait avec l’harmattan.

―Des tableaux en miniature et Des lueurs d’espoir : à la façon des cartes postales, chaque poème dans ces parties est un arrêt sur image. Une escale dans un quelque-part qui n’a jamais quitté l’auteur. Des hommages de toutes sortes, Le narratif au service de la description ou l’inverse offrant au lecteur un aller-simple avec l’auteur pour guide à travers des moments-balises.

Le ciel paraissait disparaitre à l’extérieur, derrière les vitres de ce bus qui roulait si vite dans cette allure effrénée faisant un bruit acoustique et particulièrement rythmé. Les lumières avaient été éteintes. Et dans ce noir, puisque j’étais collé à la glacerie de la fenêtre, j’observais les astres se dessiner en lignes, horizontalement parallèles dans cette mosaïque de particules blanches, parsemant en perspective ce vide morose.

―Germes de la méditation et Sentences arbitraires démontrent cette facette d’un homme en permanente réflexion et introspection ―en quête. Haut de ses expériences, à la fois acteur et témoin actif du mouvement du monde, de la vie de sa société et des insuffisances du milieu professionnel.

Mais que de propriétés, xalas ! De prestige,
Dans l’esprit envouté de cet État qui agonise.
Quand la misère menace impitoyable le futur
Où frères se noient et sœurs enfantent dur,
Sur des charrettes en routes impraticables.

En outre, par l’utilisation bien sentie des langues ethniques du Sénégal telle le Wolof, le Joola notamment et de par la mise en valeur faite des aspects de la culture du Sénégal en général, de la vie villageoise particulièrement, ce recueil est un argument fort en faveur de l’enracinement et surtout de la promotion de notre patrimoine culturel comme le montre cet extrait du poème intitulé Kourouck :

J’étais témoin de la bataille des deux gros coqs
Sans consulter les évènements de ces époques,
Où Ahoune Sané aurait dévoré Fodé, le grand,
Où Bakolong Badji disparaissait sous les vents
Emportant toutes larmes avec ses ailes géantes…
De Kanjiramba à Bafimbar, à l’horizon de Médjédje

Pour finir, le titre Les couleurs d’ombres se trouve justifié par cette démarche du poète qui consiste à mettre en lumière au fur et à mesure par sa force de description les ombres (que sont les souvenirs, les inconnus de la vie, des personnes, des lieux, la tradition) et nous invite à regarder autrement toutes ces ombres aux couleurs, aux parcours si différents qui ont influencé et influencent toujours un tant soit peu son regard sur la vie. Et encore, par un jeu de mots comme il l’explique, derrière ces syllabes cou-leurs se cachent parfois ces entités – toutes silhouettes confondues – qui incessamment font « couler » les tares qui gangrènent la société.

D’où viennent ces gains, ce mal bien acquis
Par cette patrie, plus que jamais meurtrie ?
Encore faudrait-il que nos pauvres souffrent
La routine d’être entretenu dans leur gouffre
Par ces arrivistes ayant faussé leurs chemins. ».

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