L’ambassadrice de France au Sénégal : « Plus le Sénégal est souverain, plus la relation sera forte »

La souveraineté du Sénégal peut-elle renforcer la coopération avec la France ? C’est la conviction de Christine Fages, ambassadrice de France à Dakar.

Dans un entretien publié par L’Observateur et relayé par Seneweb, la diplomate a développé une vision de la relation bilatérale fondée sur le respect mutuel et la reconnaissance des intérêts stratégiques de chaque pays. « Plus un pays connaît bien ses intérêts stratégiques, plus il traite facilement avec le partenaire contraire que ça dérange », a-t-elle déclaré, avant d’ajouter : « Plus le Sénégal est souverain, plus la relation bilatérale sera forte. »

Ces propos résonnent dans un Sénégal où, depuis l’alternance de 2024, la souveraineté est devenue la matrice idéologique du pouvoir, comme l’a souligné une analyse de l’interview d’Aminata Touré à RT Français.

Thiaroye 44 : un travail de mémoire commun

Revenant sur le massacre de Thiaroye survenu en 1944, la diplomate a confirmé la reconnaissance par le président Emmanuel Macron de la responsabilité de la France. Elle a indiqué que Paris a transmis des documents aux autorités sénégalaises et se tient prête à accompagner les travaux scientifiques pour approfondir les recherches historiques.

Biens culturels : un processus en cours

Sur la restitution des biens culturels, Christine Fages a rappelé la remise du sabre d’El Hadj Oumar Foutiyou Tall en 2021. Des milliers d’objets sénégalais sont recensés dans les collections françaises, et les procédures d’identification se poursuivent pour déterminer ceux éligibles à une restitution.

Interrogée sur une éventuelle candidature de l’ex-président Macky Sall au poste de secrétaire général de l’ONU, l’ambassadrice a estimé qu’il était encore trop tôt pour que Paris se prononce. Concernant les discussions entre le Sénégal et le FMI, elle a réaffirmé le soutien de la France, rappelant que « le FMI et le Sénégal ont besoin l’un de l’autre ».

Enfin, sur le dossier des visas, Christine Fages a mis en garde contre les faux intermédiaires qui réclament de l’argent pour des rendez-vous, alors que ceux-ci sont gratuits. Elle prévient : « Si on vous demande de l’argent pour un rendez-vous, il y a un problème. »

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