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La «Sall» guerre des livres

Avant Thierno Alassane Sall, Ousmane Sonko, le journaliste Pape Alé Niang, ont vilipendé la gestion du chef de l’Etat. Dans le camp des laudateurs se trouvent le ministre Abdou Latif Coulibaly et Alioune Fall.

Le nouveau livre de l’ancien ministre Thierno Alassane Sall est en train de susciter plusieurs réactions dans l’espace public sénégalais. Ce brûlot confirme la tendance actuelle des hommes politiques à sortir des livres pour critiquer la gouvernance du président Macky Sall ou pour vanter ses mérites. Avant Thierno Alassane Sall, Ousmane Sonko, le journaliste Pape Alé Niang, ont vilipendé la gestion du chef de l’Etat. Dans le camp des laudateurs se trouvent le ministre Abdou Latif Coulibaly et Alioune Fall.

Le livre de l’ancien ministre Thierno Alassane Sall «Le protocole de l’Elysée, confidences d’un ancien ministre sénégalais sur le pétrole» est en train de déchaîner des passions dans le paysage politique. Si certains estiment que cette publication éclaire la lanterne des Sénégalais sur la gestion de leur pétrole, d’autres voix s’élèvent pour accuser l’ancien ministre de l’Energie de révéler des secrets d’Etat. Dans tous les cas, Thierno Alassane Sall braque son regard sur la gestion du régime de Macky Sall et «livre» sa version des faits.

L’ouvrage est en train de faire couler beaucoup d’encre et de salive eu égard à la posture de l’auteur qui était au cœur de l’Etat pendant plusieurs années. Mais force est de constater que cet ouvrage vient s’ajouter aux nombreux livres parus depuis l’avènement du Président Macky Sall. Les uns font l’apologie du Programme Sénégal Emergent (PSE) tandis que les autres critiquent la gestion de Macky Sall. Coïncidence ou ironie du sort, c’est la Maison d’édition «Les Fauves», qui a édité le livre de l’ancien ministre Thierno Alassane Sall, qui avait publié en 2017 «Pétrole et gaz au Sénégal, chronique d’une spoliation» du député et président du Pastef Ousmane Sonko. Une publication qui avait connu le même tollé que celui de TAS. Dans ce brûlot, l’ancien inspecteur des impôts avait épinglé les entreprises avec lesquelles le Sénégal a contracté dans le cadre de l’exploitation du pétrole. A l’en croire, ce sont souvent des sociétés à très faible capitalisation, créées pour la circonstance. D’ailleurs, il avait donné l’exemple de PETRO-Tim Limited qui constitue une société à la réputation sulfureuse à l’image de son patron, l’Australo-romain Frank Timis. Il s’est désolé aussi du fait que ces entreprises soient nichées dans des paradis fiscaux. La domiciliation dans les paradis fiscaux répond généralement à un souci planifié d’échapper à tout ou partie des impôts et taxes du pays d’exercice des activités, par des mécanismes d’optimisation fiscale ou, pire encore, de fraude fiscale’’, faisait-il savoir. D’autres livres aussi sont sortis pour dénoncer la mal gouvernance du Président Macky Sall comme «Scandale au cœur de la République : le dossier du Coud» de Pape Alé Niang.

Dans ce livre, le sulfureux journaliste, s’appuyant sur le rapport de l’Ofnac, a mis à nu la mauvaise gestion de l’ancien directeur du Coud et actuel ministre de l’Enseignement supérieur Cheikh Omar Hanne. «Avec toute la modestie requise, nous avons l’obligation non seulement de participer quotidiennement au combat contre le pillage organisé de nos maigres ressources, mais aussi de démasquer le comportement de nos dirigeants véreux aux antipodes des valeurs cardinales de la bonne gouvernance», dira le journaliste comme pour motiver sa publication.

ÉLOGE DE L’ÉMERGENCE

Toutefois, le monde de la publication n’est pas simplement investi par des personnalités politiques qui critiquent le régime. Des livres sur les réalisations du président Macky Sall font aussi légion. Le dernier en date est : Sénégal, l’histoire en marche, après un septennat bien rempli, un quinquennat face aux défis de l’avenir, du ministre Abdou Latif Coulibaly.

Contrairement aux pourfendeurs du régime, l’ancien journaliste souligne dans cet ouvrage de plus de 400 pages que le PSE a conforté de nombreux citoyens sénégalais dans leurs attentes et espoirs placés dans le régime de Macky Sall. Et sur le pétrole qui est le fil rouge des deux livres du président Ousmane Sonko et de Thierno Alassane Sall, il dira dans son ouvrage : « Dans cette perspective, le chapitre consacré aux hydrocarbures se justifie pleinement ; son contenu sonne comme une mise en garde. Celle-ci concerne la trop grande tentation qu’ont certains d’entre nous de considérer la découverte de ces ressources comme un sujet anodin, à propos duquel on peut se permettre de plaisanter et de tourner en ridicule tout adversaire politique qui ne partage pas les idées qu’on a, d’affirmer une chose et son contraire, voire de calomnies, sans apporter soi-même dans les unes et les autres la moindre preuve de ce que l’on avance. » Selon l’ancien ministre de la Promotion de la Bonne gouvernance, si chacun a le loisir de formuler ses propres opinions, encore faut-il qu’il fournisse des justifications concernant des faits avérés, plutôt que de privilégier n’importe quelle conjoncture.

L’ancien du groupe Sud Communication qui avait écrit aussi en 2015 : Le Sénégal Sous Macky Sall : de la vision à l’ambition, les réalisations à mi-mandat, a essayé dans sa dernière publication de faire l’apologie de la gouvernance du Président Macky Sall. Dans le même sillage, d’autres membres de la mouvance présidentielle ont écrit des essais pour vanter les mérites du régime. C’est le cas du journaliste et ancien directeur du journal Le Matin, Aliou Fall. Ce dernier a sorti deux livres qui mettent en exergue les bons points de la gouvernance de son leader. En effet, le vice-président de la fondation Servir le Sénégal après Macky Sall, contre vents et marées, avait publié dernièrement : Macky Sall, la réponse par l’action, qui comme le premier revient sur les réalisations du président de la République qui ont changé radicalement, selon lui, le visage du Sénégal.

MOUSSA DIAW, ENSEIGNANT A L’UGB : «GÉNÉRALEMENT CES OUVRAGES SONT ORIENTES»

Analysant cette prolifération de livres toutes obédiences confondues sur la gouvernance du Président Macky Sall, l’enseignant en sciences politiques à l’UGB, Dr Moussa Diaw, pense que c’est une autre façon de communiquer. « On l’a vu avec Macky Sall sur l’ouvrage qu’il a écrit pour valoriser son passage au sommet de l’Etat. C’était quelques mois avant les élections », soutient le chercheur. Jetant un regard critique sur ces publications, dans cet entretien téléphonique qu’il nous a accordé, il a indiqué que généralement, ces ouvrages sont orientés. S’agissant des laudateurs du régime, le politiste pense que c’est pour plaire. « Tous ces ouvrages-là par exemple qui font l’éloge des choix du Président, sans aucune distanciation nécessaire, sont rangés dans ce cas de figure d’éloges, d’esprit partisan, de manque de lucidité et de réflexion parce qu’ils sont dans le système et ils ne font que défendre ce système pour plaire au chef, au prince, pour être mieux apprécié ou espérer quand même qu’on leur attribue d’autres fonctions plus valorisantes selon les cas », déclare Dr Diaw qui souligne que ce n’est pas écrit de manière objective et ça fausse au niveau de la motivation. Prenant l’exemple du ministre Abdou Latif Coulibaly, il signale que ce dernier était un homme engagé dans la vie politique, dans la société civile, se rappelant sa campagne contre le Président Abdoulaye Wade. «Et aujourd’hui, on ne le reconnaît pas dans cette position qui est emballée par l’esprit partisan et qui n’a pas une distanciation objective pour mieux analyser les choix politiques, notamment en termes de développement économique et social », s’alarme Dr Moussa Diaw. Se prononçant sur le livre du ministre Thierno Alassane Sall, il ne mâche pas aussi ses mots : « Ce que je peux noter à travers cet ouvrage qui a été récemment publié, c’est qu’on doit respecter la morale politique. On doit avoir aussi un sens de l’éthique parce quand on a assuré des fonctions importantes au sommet de l’Etat et qu’on coche dans un ouvrage le contenu des échanges, ce n’est pas normal. Il y a quand même un devoir de réserve », se désole l’enseignant qui pense que si ça touche au fonctionnement de l’Etat, il faut s’en passer. Quand il s’agit de critiquer une gestion, d’après lui, des choix politiques ou une gouvernance, c’est tout à fait normal de partager, de dire ce que l’on pense, de présenter des choses pour les améliorer. Mais, insiste-t-il, ce n’est pas normal qu’on fasse un déballage, il y a le devoir de réserve quand il s’agit d’échanges par exemple avec le président de la République sur des choses qui concernent le fonctionnement de l’Etat. Ce n’est pas normal qu’on déballe ça dans l’espace public.

«QUAND ON VEUT VRAIMENT PARTAGER, IL FAUT LE FAIRE DANS LES LANGUES NATIONALES»

Par ailleurs, il relève aussi d’autres anomalies concernant la publication de ces livres : «Le problème dans nos pays, c’est qu’il y a très peu de gens qui lisent les livres. Il y a très peu de gens qui ont accès à ces informations, constate l’enseignant. Pour lui, si ces auteurs veulent vraiment partager, il faudra le faire dans les langues nationales pour que tout le monde ait accès aux documents. Mais apparemment, regrette-t-il, c’est fait pour une certaine élite et c’est ça qui est déplorable.

L’As

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