Ce 25 juillet 2026, le chef de l’État Bassirou Diomaye Faye a officialisé la naissance de son propre parti politique, baptisé « Kiiraay – Les Patriotes républicains ». Un nom wolof qui signifie « protection » ou « bouclier ».
L’initiative survient dans un climat de rupture consommée avec son ancien mentor Ousmane Sonko. Depuis le limogeage de ce dernier du poste de Premier ministre en mai 2026, les deux hommes évoluent en ordre dispersé. En mars dernier, la fissure était déjà actée, Diomaye consolidant sa coalition Diomaye Président. Dès novembre 2025, l’analyste Omar Seck Ndiaye estimait que le président nourrissait des ambitions pour 2029, voyant dans la crise un révélateur de ses velléités.
La démarche présidentielle, décryptée par Ndiamé SAKHO dans une chronique pour Xibaaru, s’inscrit dans une logique assumée d’émancipation vis-à-vis du PASTEF. Kiraay vise d’abord à équilibrer l’hégémonie du parti d’Ousmane Sonko, qui détient 130 des 165 sièges à l’Assemblée nationale. L’histoire offre un précédent éclairant : en 1947, Charles de Gaulle fondait le RPF pour s’affranchir des partis traditionnels. Comme le Général, Diomaye Faye cherche à ne plus dépendre du mouvement qui l’a porté au pouvoir.
Les signes d’un transfert de fidélités se multiplient. Plusieurs responsables régionaux et membres de l’aile jeune du PASTEF ont déjà démissionné pour rejoindre le camp présidentiel. Le chargé de communication du parti minimise l’ampleur du mouvement, parlant de « moins d’une cinquantaine de départs ». Mais ces défections illustrent une nouvelle réalité : la proximité avec le chef de l’État devient une ressource politique.
Avec Kiraay, Diomaye se dote d’un instrument pour la bataille de 2029. Il devra composer avec une Assemblée nationale qui, en juin 2026, a voté une loi réduisant les pouvoirs du président, limitant sa marge de manœuvre.
