Kamel Koné, président du lobby ivoirien du pétrole et du gaz, appelle à un « sursaut panafricain » pour bâtir un écosystème énergétique résilient. L’entrepreneur dénonce la dépendance du continent aux importations de brut, que la crise dans le détroit d’Ormuz a dramatiquement exposée.
Depuis le blocage de ce passage stratégique, où transite 20 % de l’offre pétrolière mondiale, les cours du brut s’affolent. Les économies les plus vulnérables pourraient voir leurs factures d’importation bondir de 20 milliards de dollars par an, selon des prévisions de la Cnuced relayées par Jeune Afrique.
Les conséquences se mesurent déjà sur le terrain. Au Kenya, des conducteurs de motos-taxis ont vu leurs revenus divisés par deux, le prix du carburant ayant fait fuir la clientèle. Au Nigeria, l’inflation s’envole et les prix à la pompe s’emballent, frappant des millions de personnes.
La vulnérabilité de l’Afrique face aux coûts d’importation du pétrole est aggravée par des réserves stratégiques très insuffisantes. Les pays africains ne détiennent que 15 à 25 jours de stocks de carburant, bien en deçà des 90 jours recommandés par l’Agence internationale de l’énergie.
Kamel Koné plaide pour la structuration d’un « écosystème énergétique plus résilient sur le long terme », capable de résister à des crises comme celle d’Ormuz. Il appelle à diversifier les sources d’approvisionnement et à renforcer les capacités de raffinage du continent.
