JOJ Dakar 2026 : Abdoulaye Thiam mise sur l’héritage au-delà des médailles

À quelques heures du coup d’envoi des Jeux olympiques de la jeunesse (JOJ) Dakar 2026, Abdoulaye Thiam, journaliste et président de l’Association nationale de la presse sportive (ANPS), appelle à une mobilisation inclusive autour de cet événement historique. Pour lui, la réussite du Sénégal ne saurait se limiter au nombre de médailles remportées. Elle doit également se mesurer à la qualité de l’organisation, à l’appropriation populaire des Jeux et à l’héritage laissé aux générations futures.

Le Sénégal s’apprête à accueillir un rendez-vous historique pour le sport africain. Mais au-delà de la compétition, Dakar 2026 représente une occasion de démontrer le savoir-faire du pays, de valoriser ses talents et de poser les bases d’un développement sportif durable.

« Les JOJ ne doivent pas être considérés uniquement comme une compétition sportive. C’est une occasion pour le Sénégal de démontrer son savoir-faire, de valoriser ses talents et de montrer sa capacité à organiser un événement international de cette envergure », souligne Abdoulaye Thiam sur Rfm matin.

Transport et médias : les défis de l’organisation

La réussite d’un événement de cette ampleur repose notamment sur l’efficacité du dispositif logistique. Le transport des délégations, des participants et des professionnels des médias constitue un enjeu essentiel pour assurer le bon déroulement des activités.

Des bus dédiés doivent notamment faciliter les déplacements entre le centre des médias et les différents sites de compétition. Des rotations régulières sont prévues pour permettre aux journalistes de couvrir les épreuves et les conférences de presse.

« La question du transport est fondamentale pour permettre aux journalistes de travailler dans de bonnes conditions. Il est important que les professionnels des médias puissent accéder facilement aux sites de compétition et assurer une couverture efficace des Jeux », insiste le président de l’ANPS.

Une démarche inclusive pour valoriser les figures nationales

Abdoulaye Thiam insiste également sur la nécessité d’associer les personnalités qui ont contribué au rayonnement du Sénégal. Anciens athlètes, dirigeants sportifs, journalistes et acteurs culturels doivent pouvoir participer à cette dynamique nationale.

« Il faut avoir une démarche inclusive. Le Sénégal dispose de nombreuses personnalités qui peuvent contribuer au rayonnement des Jeux et porter l’image du pays à l’international. Nous devons valoriser ces compétences et ces expériences », plaide-t-il.

Des figures comme Sadio Mané et Youssou Ndour illustrent cette capacité à promouvoir l’image du Sénégal au-delà de ses frontières. Pour le président de l’ANPS, cette mobilisation doit également concerner les anciens Olympiens et les sportifs qui ont marqué l’histoire nationale.

« Nous ne devons pas nous limiter aux personnalités qui sont aujourd’hui sous les projecteurs. Les anciens athlètes et tous ceux qui ont contribué à l’histoire du sport sénégalais méritent également d’être associés à cette dynamique », soutient-il.

L’objectif est de mettre les compétences, l’expérience et la notoriété de ces personnalités au service d’un projet national commun.

Des médailles, oui, mais surtout une vision pour 2032

Sur le plan sportif, Abdoulaye Thiam invite à dépasser la seule quête de médailles. Si les résultats restent importants, l’enjeu majeur réside dans la capacité du Sénégal à détecter, former et accompagner ses jeunes talents sur le long terme.

« Les médailles sont importantes, mais elles ne doivent pas être notre seul baromètre de réussite. Nous devons surtout nous demander ce que ces Jeux vont apporter à nos jeunes athlètes et comment nous allons les accompagner pour qu’ils puissent atteindre le plus haut niveau », estime-t-il.

L’exemple de Julien Alfred illustre cette progression. Médaillée d’argent aux Jeux olympiques de la jeunesse de Buenos Aires en 2018, l’athlète saint-lucienne a ensuite remporté l’or olympique sur 100 mètres aux Jeux de Paris en 2024.

Pour le Sénégal, l’ambition est de créer les conditions permettant aux jeunes sportifs de suivre une trajectoire similaire, grâce à un encadrement adapté, à des programmes de formation et à des bourses olympiques.

« Il faut préparer l’avenir dès maintenant. Les JOJ doivent nous permettre d’identifier les talents, de les encadrer et de leur donner les moyens de progresser. Notre regard doit aussi être tourné vers les prochaines échéances olympiques, notamment Brisbane 2032 », souligne le journaliste.

L’enjeu est donc de bâtir une génération capable de rivaliser durablement avec les meilleurs athlètes du monde, plutôt que de miser sur des performances ponctuelles.

L’héritage, véritable baromètre de la réussite

Pour le président de l’ANPS, la réussite de Dakar 2026 se mesurera également à la qualité de son héritage, matériel comme immatériel.

Le premier comprend les infrastructures sportives, les équipements et le matériel qui resteront disponibles après la compétition. Le second englobe les compétences acquises, l’expérience organisationnelle, la formation des acteurs et le développement de la pratique sportive.

« L’héritage des Jeux ne se limite pas aux infrastructures. Il faut aussi prendre en compte les compétences développées, l’expérience acquise dans l’organisation d’un événement international et les opportunités offertes à la jeunesse sénégalaise », explique-t-il.

Les équipements mobilisés pour les JOJ, notamment la piscine olympique évoquée durant l’entretien, illustrent l’importance des investissements consentis.

Toutefois, leur existence ne suffira pas à garantir un héritage positif. Leur entretien, leur accessibilité et leur utilisation après la compétition seront déterminants.

« Il ne suffit pas de construire des infrastructures. Il faut prévoir leur entretien, garantir leur accessibilité et faire en sorte qu’elles profitent durablement aux sportifs et aux populations », insiste Abdoulaye Thiam.

Cette perspective suppose également d’associer les différents acteurs à la définition des besoins et à la préparation de l’après-JOJ.

La flamme olympique pour rapprocher les Jeux des Sénégalais

Autre enjeu majeur, l’appropriation populaire des Jeux. Le passage de la flamme olympique dans les différentes régions du Sénégal constitue un levier pour rapprocher cet événement des populations et renforcer leur implication.

Abdoulaye Thiam se montre optimiste quant à cette mobilisation nationale. L’enthousiasme observé autour de la flamme, notamment à Gorée, témoigne, selon lui, du potentiel de rassemblement des JOJ.

« Les Jeux doivent être ceux de tous les Sénégalais. Le passage de la flamme olympique dans les régions permet de rapprocher l’événement des populations et de leur faire comprendre qu’elles ont un rôle à jouer dans cette aventure », souligne-t-il.

L’enjeu consiste désormais à transformer cet enthousiasme en une participation effective, en impliquant les jeunes, les associations, les collectivités territoriales, les acteurs culturels et les organisations sportives.

Pour le Sénégal, ces Jeux représentent une occasion historique de démontrer que l’Afrique peut accueillir un événement olympique de cette ampleur et en tirer des bénéfices durables.

« La véritable réussite de Dakar 2026 sera notre capacité à mobiliser les Sénégalais, à fédérer les forces vives du pays et à faire de cet événement un levier de développement pour le sport national. Les Jeux doivent laisser quelque chose de concret aux générations futures », ajoute t-il.

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