« Je ne sentais plus ma jambe » : en Cisjordanie occupée, le récit d’un adolescent blessé

Dans le camp de réfugiés d’Askar, près de Naplouse en Cisjordanie occupée, des habitants affirment que la colline de Tel Askar, autrefois fréquentée par les familles et les enfants, est devenue un lieu de tirs lors des incursions militaires israéliennes. Depuis le 7 octobre 2023, plusieurs adolescents y ont été tués ou blessés, selon des habitants, des responsables locaux et des organisations de suivi citées dans le reportage.

D’après Al Jazeera, Amir Othman, 18 ans, a été touché par balle à la jambe en janvier 2024 alors qu’il tentait de mettre à l’abri un ami blessé. Le jeune homme, présenté comme un ancien footballeur prometteur et danseur de Dabke, raconte que sa rotule et son fémur ont été brisés. Il dit avoir subi quatre opérations et être resté alité pendant quatre mois. Selon les médecins qu’il cite, sa mobilité ne reviendra pas à la normale.

Le directeur du Centre de développement social d’Askar, Amjad Refaee, affirme que trois adolescents ont été tués à Tel Askar depuis le 7 octobre 2023 et que plusieurs autres ont été mutilés. Il soutient que les soldats ne tirent plus avec des balles en caoutchouc et ne visent plus en dessous de la taille. Les habitants interrogés disent également que la colline est devenue un point d’entrée utilisé par les soldats israéliens lors de leurs incursions dans les ruelles du camp.

Le reportage cite aussi le cas de Iyad Shalakhti, 14 ans, tué par des soldats le 9 juillet 2025 à Tel Askar, selon les personnes interrogées. Plus largement, des groupes palestiniens de surveillance indiquent qu’au moins 13 Palestiniens ont été tués à Askar depuis l’intensification de l’offensive israélienne en Cisjordanie occupée après le 7 octobre 2023. L’organisation Defense for Children International – Palestine avance, elle, qu’au moins 157 enfants ont été tués par des soldats ou des colons israéliens en Cisjordanie et à Jérusalem-Est occupée depuis 2024.

Israël nie viser les enfants et affirme que ses raids militaires sont menés pour des raisons de sécurité et pour combattre des groupes armés palestiniens. Dans le camp d’Askar, qui compte environ 24 000 habitants sur une superficie équivalente à 17 terrains de football, plusieurs blessés décrivent aussi des retards dans l’arrivée des secours. Selon Al Jazeera, Islam Madani, 32 ans, père de deux enfants, a été atteint par un sniper le 9 janvier 2024 à 7h30 alors qu’il se rendait à son travail. Il dit avoir perdu son emploi après plusieurs opérations. Yamen Habron, 17 ans, affirme pour sa part avoir été touché par deux balles près de son domicile et avoir passé 14 jours en soins intensifs.

Le camp d’Askar est décrit comme l’un des plus densément peuplés des 19 camps de réfugiés de Cisjordanie occupée. Selon l’UNRWA, il est marqué par le chômage, la pauvreté et des conditions de vie exiguës. Les réfugiés y vivent depuis des décennies, dans un espace initialement conçu comme provisoire après la Nakba de 1948. Dans ce contexte, des parents disent désormais empêcher leurs enfants de jouer dehors, estimant qu’aucun âge n’offre de protection lors des opérations militaires dans le camp.

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