Gaza : Au-delà de la « Ligne jaune », la cible civile spécifique visée par les tirs israéliens malgré la trêve

La situation sécuritaire dans la bande de Gaza connaît un nouveau regain de tension, remettant en cause la stabilité de l’accord de cessation des hostilités. Alors que le calme précaire instauré depuis plusieurs mois devait permettre un début de normalisation, un incident survenu tôt ce jeudi dans le sud du territoire palestinien a fait plusieurs victimes civiles. Les circonstances de cette attaque interrogent directement le respect des zones de démarcation militaire établies par les protocoles en vigueur.

Selon les éléments communiqués par des sources médicales à l’agence Anadolu, des tirs ont éclaté dans le secteur d’al-Maslakh, au sud de la ville de Khan Younis. Le bilan fait état de trois blessés : une femme et deux enfants. Ces victimes ont été évacuées vers l’hôpital Nasser avec des blessures jugées modérées. Ce qui distingue cet incident des accrochages ordinaires, c’est la nature précise de la cible visée par les véhicules militaires israéliens.

Les tirs nourris ont été dirigés spécifiquement vers des tentes abritant des personnes déplacées. Ce campement de fortune se situait pourtant en dehors de la « Ligne jaune », cette démarcation stratégique qui sépare les zones de déploiement militaire israélien — couvrant environ 53 % de la partie orientale de la bande de Gaza — des secteurs occidentaux où la circulation des Palestiniens est théoriquement autorisée.

Cette action militaire s’inscrit en violation du cessez-le-feu actif depuis le 10 octobre 2025. Outre les tirs sur les tentes, d’autres manœuvres ont été observées simultanément dans l’enclave. L’aviation israélienne a effectué une frappe dans des zones sous son contrôle à l’est de Khan Younis, tandis que l’artillerie a pilonné des secteurs à l’ouest de Rafah et à l’est du camp de réfugiés de Jabalia, là encore au-delà de la ligne de démarcation.

Ces événements surviennent alors que la région tente de se relever d’un conflit de deux ans, déclenché le 8 octobre 2023. Les autorités palestiniennes recensent plus de 72 000 morts et 171 000 blessés au cours de cette guerre, qui a anéanti 90 % des infrastructures civiles, laissant une facture de reconstruction estimée par les Nations unies à 70 milliards de dollars.

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