L’Iran examine une proposition américaine présentée comme un cadre pour mettre fin à la guerre, tandis qu’une réponse de Téhéran est attendue après médiation pakistanaise. Le texte évoqué par plusieurs médias prévoirait la réouverture du détroit d’Ormuz et un allègement des sanctions, mais plusieurs désaccords majeurs restent entiers sur le nucléaire iranien.
Selon les informations rapportées par Al Jazeera, les autorités iraniennes examinent encore l’offre transmise par les Etats-Unis. Le correspondant Resul Serdar Atas, cité depuis Téhéran, a indiqué qu’une réponse devait être communiquée aux médiateurs pakistanais plus tard dans la journée. Le ministère pakistanais des Affaires étrangères a confirmé accueillir favorablement la perspective d’un accord, tout en refusant de divulguer davantage de détails à ce stade.
Du côté américain, Donald Trump a déclaré mercredi à la presse, dans le Bureau ovale, que l’Iran voulait parvenir à un accord et que les discussions des dernières 24 heures avaient été positives. D’après les éléments relayés dans la presse américaine et par Reuters, un mémorandum en plusieurs points est évoqué. Il inclurait l’engagement de l’Iran à ne pas développer d’arme nucléaire, un arrêt de l’enrichissement d’uranium pendant au moins 12 ans selon Axios, la levée de sanctions américaines et le déblocage de milliards de dollars d’avoirs iraniens gelés. La réouverture du détroit d’Ormuz dans un délai de 30 jours après signature figure aussi parmi les points avancés.
Plusieurs zones d’ombre demeurent toutefois. Le contenu exact de ce document n’a pas été confirmé de manière indépendante, et Al Jazeera précise ne pas avoir pu vérifier la véracité de ces informations. Le texte évoqué ne mentionnerait pas certaines demandes américaines formulées auparavant, notamment sur le programme balistique iranien, le soutien à des groupes armés au Moyen-Orient ou encore le stock actuel d’uranium enrichi détenu par Téhéran. Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a, pour sa part, affirmé mercredi que tout l’uranium enrichi devait être retiré d’Iran.
Les responsables iraniens affichent une ligne dure sur le dossier nucléaire. Le député Ebrahim Rezaee a qualifié le texte de « liste de souhaits américaine » plutôt que de base réaliste. Le président du Parlement, Mohammad Bagher Ghalibaf, a aussi tourné en dérision les informations faisant état d’un accord proche. Toujours selon Al Jazeera, Téhéran affirme qu’à ce stade les discussions portent sur la fin de la guerre, et non sur une négociation de son programme nucléaire. L’Iran réclame des garanties directes du Conseil de sécurité de l’ONU, la levée des sanctions et la réouverture du détroit d’Ormuz.
Sur le fond, la principale ligne rouge reste l’enrichissement d’uranium. Le correspondant Almigdad Alruhaid a indiqué qu’il s’agit d’un point « non négociable » pour l’Iran. L’ancien secrétaire adjoint américain à la Défense Mark Kimmitt a estimé, auprès d’Al Jazeera, qu’une exigence américaine d’arrêt total de l’enrichissement serait difficilement acceptable pour Téhéran. L’Iran disposerait d’environ 440 kg d’uranium enrichi à 60 %, alors que le seuil de 90 % est généralement associé à la fabrication d’une arme nucléaire.
Le détroit d’Ormuz reste l’autre point central. Cette voie maritime voit transiter environ un cinquième de l’approvisionnement mondial en pétrole et en gaz. Selon Al Jazeera, l’Iran renforce son contrôle sur ce passage stratégique, tandis que les alliés des Etats-Unis dans le Golfe poussent pour un rétablissement de la navigation sans conditions. A ce stade, aucun accord formel n’a encore été annoncé entre Washington et Téhéran.