Ira-Mauritanie écrit aux députés européens: L’inquiétude des abolitionnistes…

Mesdames et Messieurs,
L’adoption de la résolution d’urgence sur la Mauritanie, lors de la session plénière du parlement Européen, le 18 Décembre 2014 à Strasbourg, a été un grand soutien pour les abolitionnistes et les défenseurs des droits de l’homme en Mauritanie.
A travers vous, la communauté internationale a été prompte à répondre aux appels dans les cas d’urgence quand les militants se heurtent à l’intransigeance du régime esclavagiste mauritanien, devant l’exigence de justice pour les victimes de l’esclavage. Vous avez apporté le soutien dont les activistes ont besoin pour rester fidèles à leur lutte et savoir continuer à imaginer une Mauritanie qui a le courage de se réconcilier, seulement par l’égalité et la tolérance.
IRA Mauritanie, sous la direction de son président, Mr Biram Dah Abeid, ne demande, depuis le début de son engagement, que l’application de la loi du pays et du droit international, lesquels commandent d’abroger les normes relevant de l’interprétation erronée et esclavagiste du Coran, dans sa version locale du Code Malikite. Il peut s’avérer douloureux, de reconnaître la profondeur de la contradiction où se piègent les pouvoirs successifs en Mauritanie, quand ils ratifient des convictions permissives de l’ONU et maintiennent, simultanément, la réserve quasi automatique, sur la priorité de la Sharia.
Le Président Biram Dah Abeid a toujours réclamé la nécessité d’un dialogue national sur les sujets tabou en Mauritanie, ses actions ont toujours été strictement non-violentes pour garder le lien avec l’adversaire, qui est aussi le fil de la paix civile. Mais le régime du Président mauritanien ; Mohamed Ould Abdel Aziz, a répondu pas la violence contre notre mouvement, par la détention et l’emprisonnement de nos dirigeants.
Malgré les dérives du régime, notre mouvement vous rassure que sa démarche d’écoute, de persuasion et d’échange avec l’autre, n’a pas varié. Nous restons attachés á la voie pacifique pour discuter des changements que requiert l’éradication de l’esclavage et de ses séquelles, dans une société séculière, de liberté, et de diversité reconnue, définitivement à l’abri de la violence, du sexisme et de la xénophobie que véhiculent les courants wahhabites en Mauritanie.  La dernière manipulation de l’opinion sur le traitement de la problématique de l’esclavage est la FATWA publiée fin mars 2015, sur demande du régime, par l’association des Oulema (érudits) du pays, qui représente une insulte à la dignité et à l’intelligence des hommes. Cette Fatwa confirme l’existence et l’égalité de l’esclavage selon l’islam pratiqué en Mauritanie et oblige de dédommager les maitres esclavagistes pour obtenir la libération légale des esclaves.
Nous vous rappelons que la question de l’esclavage constitue, aujourd’hui, une source potentielle d’instabilité en Mauritanie mais pas l’unique ; la corruption, le pillage des ressources disponibles par le Commandement militaire et de sécurité, le favoritisme tribal et la dissémination des mentalités jihadistes avec la complicité de l’appareil d’Etat, aggravent la vulnérabilité du pays.
Aujourd’hui, au nom de tous les dirigeants et les militants abolitionnistes de l’IRA-Mauritanie, nous demandons votre soutien pour renforcer nos efforts pour garantir l’instauration de l’équité et de la stabilité dans notre pays, dans le cadre d’un partenariat ambitieux avec l’Union Européenne, au nom de la souveraineté de l’Homme sur son destin, contre le racialisme et l’obscurantisme religieux. A cet égard, nous reconfirmons notre souhait de vous voir mener des négociations avec la haute autorité mauritanienne, avec la supervision des organes de la communauté internationale.
Nous demandons la libération inconditionnelle des nos camarades, le président Biram Dah Abeid,  le vice président Brahim Bilal Ramdhane, le président de l’ong Kawtal  Djiby Sow, mais aussi les militants d’IRA-Mauritanie injustement condamnés : Brahim Jidou, Sabar  Houssein,  et Yacoub Inalla.
Nous demandons l’application des lois criminalisant l’esclavage et l’instauration de la justice, de l’égalité et de la démocratie.
Nous demandons des campagnes de sensibilisation sur l’esclavage et ses séquelles en Mauritanie.
Nous tenons á dénoncer le fait que le pouvoir veut tenir le procès en appel de Biram Dah et ses amis dans la ville d’Aleg, ce qui confirme que le système est toujours dans sa logique de l’illégalité.
Les militants du mouvement abolitionnistes « IRA-Mauritanie » actifs dans la coordination pour l’Europe.
Bruxelles le 16 Avril 2015
1 COMMENTAIRE
  • bamby

    intéressante

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