Installations pétrolières ciblées en Arabie Saoudite : Téhéran réagit et nomme les deux seules cibles de ses frappes

Les récentes frappes ayant touché des infrastructures pétrolières au Moyen-Orient ont ravivé les tensions régionales. Après l’incendie provoqué par des débris de drones à la raffinerie de Ras Tanura et les tentatives d’attaques sur le champ pétrolier de Shaybah, l’identité des auteurs restait non confirmée par les autorités locales. C’est dans ce climat d’incertitude que la diplomatie iranienne a pris la parole pour clarifier la nature et les objectifs de ses opérations militaires.

L’ambassadeur d’Iran en Arabie Saoudite, Alireza Enayati, a formellement rejeté toute implication de Téhéran dans les attaques contre les installations pétrolières saoudiennes. Cité par l’agence Reuters et relayé par Al Jazeera, le diplomate a affirmé que si son pays était à l’origine de ces frappes, il l’aurait publiquement revendiqué. Selon lui, les opérations iraniennes menées depuis fin février, en riposte aux offensives américaines et israéliennes, visent exclusivement les cibles et intérêts militaires des États-Unis et d’Israël.

Ces représailles iraniennes ont notamment touché des actifs militaires américains et israéliens situés dans plusieurs pays de la région, dont le Qatar, Bahreïn, la Jordanie, l’Irak, les Émirats arabes unis et l’Arabie Saoudite. À ce jour, le ministère saoudien de la Défense n’a désigné aucun coupable pour les incidents sur ses sites pétroliers. Alireza Enayati a d’ailleurs précisé être en contact direct avec les officiels saoudiens, soulignant que les relations bilatérales progressent normalement depuis leur rétablissement en 2023 sous l’égide de la Chine. Il a également rappelé l’engagement public de Riyad à ne pas laisser son espace terrestre, maritime ou aérien être utilisé pour cibler l’Iran.

De son côté, le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi, a démenti toute volonté de viser des zones civiles ou résidentielles. Il a proposé la création d’une commission conjointe avec les pays voisins pour enquêter sur l’origine de ces frappes. Actuellement, ce sont les Émirats arabes unis qui subissent la plus grande partie des attaques iraniennes, leurs bases américaines et raffineries étant lourdement ciblées.

Cette escalade suscite une frustration croissante au sein des monarchies du Golfe, qui estiment payer le prix fort d’un conflit dans lequel elles ont été entraînées par les États-Unis. Paul Musgrave, professeur associé à l’Université de Georgetown au Qatar, analyse que l’administration de Donald Trump a perdu une grande partie de son influence dans la région, s’engageant dans un conflit mal planifié. Selon lui, la stratégie actuelle de Téhéran ne repose plus sur la puissance de feu, mais sur la capacité à imposer le plus haut seuil de douleur à ses adversaires.

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