Alors que les fortes pluies continuent de provoquer d’importantes inondations au Sénégal, Bassirou Kébé remet sur la table la question de l’utilisation des ressources consacrées à la lutte contre ce phénomène. Il pointe notamment le Plan décennal de lutte contre les inondations (PDLI), lancé en 2012 avec une enveloppe prévisionnelle de près de 767 milliards de francs CFA pour la période 2012-2022.
Le programme était structuré en trois phases : 66,375 milliards de francs CFA pour l’urgence (2012-2013), 250,603 milliards pour le court terme (2014-2016) et 450,009 milliards pour le moyen et long terme (2017-2022).
En octobre 2020, le gouvernement annonçait une exécution financière de 506,7 milliards de francs CFA, soit 66,07 % du programme. À cette période, des réalisations avaient été annoncées, notamment des réseaux de drainage, des stations de pompage et des bassins de rétention.
Mais pour Bassirou Kébé, sur X, la persistance des inondations pose la question de l’efficacité et surtout de la traçabilité des dépenses.
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« 767 milliards du PDLI et pourtant le Sénégal toujours sous les eaux. »
Il s’interroge notamment sur la destination concrète des fonds et sur les résultats obtenus sur le terrain : « Où sont passés ces milliards ? Quels ouvrages ? Dans quels quartiers ? Pour quel résultat ? »
L’interpellation intervient alors qu’une mission parlementaire avait examiné, en 2021, la mise en œuvre du programme. Les données disponibles à l’époque faisaient état de plus de 511 milliards de francs CFA exécutés, soit environ 66,65 % du budget prévisionnel.
Bassirou Kébé insiste ainsi sur la nécessité d’une meilleure reddition des comptes dans la gestion des politiques publiques :
« Les inondations d’aujourd’hui sont aussi la conséquence de plusieurs années sans une reddition de comptes sérieuse. »
Il appelle également à renforcer les mécanismes de contrôle :
« La transparence et la rigueur sont indispensables. Le contrôle en amont et en aval également. La justice a encore du travail. »



