À l’approche de son congrès annoncé pour les 9 et 10 prochains jours, la plateforme politique Takhawou a tenu une séance stratégique organisée par sa cellule des cadres, le CAPS. Cette rencontre a été marquée par des échanges présentés comme francs et ouverts, dans un contexte d’auto-évaluation interne du mouvement dirigé par Khalifa Sall.
Selon les informations rapportées par Sud Quotidien, le leader de Takhawou a d’abord tenu à rappeler la nature de l’engagement revendiqué par sa formation. « Takhawou est un mouvement de militants. Nous ne sommes pas des politiciens. Nous ne nous battons pas pour des préoccupations subjectives ou des ambitions personnelles, mais au nom d’un idéal que nous avons épousé », a déclaré Khalifa Sall. Il a lié cet engagement à une exigence de comportement, de discours et de respect des valeurs propres au mouvement.
Au cours de cette rencontre, Khalifa Sall a également insisté sur la nécessité d’une introspection. « Nous sommes invités à nous parler à nous-mêmes, à nous auto-évaluer. C’est cela qui est important », a-t-il affirmé. Après plus de 16 ans d’existence, Takhawou entend, selon ses responsables, tirer les leçons de son parcours. Son leader a évoqué des « réussites », mais aussi des « échecs et des manquements », en précisant qu’il ne s’agissait pas de « s’auto-flageller », mais de mener une autocritique sincère.
La question du débat interne a aussi occupé une place centrale. Khalifa Sall a soutenu qu’au sein de Takhawou, aucune personnalité ne devait être soustraite à la critique. « Il n’y a personne d’inaccessible dans Takhawou. Moi-même, je dois être critiqué, interpellé, remis en cause. C’est cela la vie de militant », a-t-il déclaré. Dans cette perspective, le congrès à venir est présenté comme une étape de relance. « Nous sommes sur un point de départ. Ce congrès sera l’occasion de construire une véritable alternative, au plan programmatique, stratégique et politique. Il n’y a pas de sujet tabou, tout est mis sur la table », a ajouté Khalifa Sall.
Le responsable politique a par ailleurs abordé la gestion du processus électoral au Sénégal. D’après Sud Quotidien, il a estimé qu’il existait un problème de cohérence entre certaines positions rejetées lors des dialogues politiques passés et désormais acceptées. Il a aussi évoqué ce qu’il qualifie de « passage en force », en rappelant que, selon lui, la tradition sénégalaise repose sur le consensus en matière électorale.
Khalifa Sall a enfin réaffirmé sa position dans le champ politique. « Je suis dans l’opposition depuis des années. Tous les mandats et toutes les fonctions que j’ai occupés, je les ai exercés à partir de cette position. Pour l’instant, nous n’avons pas de raison d’en changer », a-t-il déclaré. Il a également interrogé les dynamiques actuelles de recomposition politique, avant de réaffirmer l’objectif de son mouvement : « Notre ambition, c’est d’être une alternative pour le Sénégal. Nous voulons faire autrement, si les Sénégalais nous font confiance. »