Après la dissolution de la Commission électorale indépendante, actée le 6 mai lors d’un Conseil des ministres, le mouvement « Aube Nouvelle » demande que cette décision ouvre une refonte plus large du système électoral ivoirien. Son président, Vincent Toh Bi Irié, estime que la disparition de la CEI ne doit pas rester une simple formalité administrative.
Il réclame d’abord un audit complet de l’institution dissoute. Pour lui, vingt-deux ans d’actifs et de passifs institutionnels ne peuvent pas être liquidés sans un examen rigoureux et impartial.
Dans ses propos relayés par Agence Afrique, Vincent Toh Bi Irié insiste aussi sur un audit financier portant sur la transparence de la gestion des fonds du contribuable ivoirien mis à la disposition de la commission, ainsi que sur les enseignements à tirer des dépenses liées au personnel, à l’équipement, aux opérations électorales et à l’éducation des électeurs.
Le responsable d’Aube Nouvelle plaide également pour l’ouverture de discussions et de consultations avec les partis politiques et la société civile. Ces échanges devraient porter sur la nature, la forme et les missions de la future agence chargée de gérer les élections en Côte d’Ivoire.
À défaut, prévient-il, les doutes et les scepticismes seraient accentués si une nouvelle agence voyait le jour par une décision gouvernementale unilatérale. Il défend en outre une réforme qui ne se limite pas à la seule CEI.
Vincent Toh Bi Ié propose aussi une révision des attributions du Conseil constitutionnel, qu’il présente comme un organe au cœur des contentieux électoraux depuis plus de deux décennies. Il suggère de le décharger de ce contentieux et de créer une Haute Cour électorale qui concentrerait toutes les attributions judiciaires liées aux élections.
Parmi les autres pistes avancées figurent l’établissement d’une nouvelle liste électorale et des réformes constitutionnelles sur les conditions d’éligibilité sans ambiguïté. Le gouvernement ivoirien avait justifié la dissolution de la CEI par les nombreuses critiques visant cette institution.
