Ibrahima Dia alerte sur la souveraineté financière du Sénégal après l’annonce d’un possible appui de la Banque mondiale au paiement des bourses de sécurité familiale. L’ancien directeur de MCA Sénégal, qui a conçu le programme, estime que cette évolution pourrait réduire l’autonomie de l’État dans le financement de sa politique sociale.
À la conception du Programme national de bourses de sécurité familiale, le Sénégal avait choisi de financer les transferts destinés aux familles vulnérables avec ses ressources propres. Dia rappelle que cette prise en charge nationale distinguait le pays d’autres États où les partenaires extérieurs contribuent au financement de dispositifs similaires.
Dans des propos rapportés par EMedia, il indique que la Banque mondiale devrait fournir les ressources nécessaires au paiement des allocations de cette année. Selon lui, l’institution aurait proposé depuis environ un an de mettre des fonds à la disposition de l’État. Cet apport pourrait éviter une interruption des versements, mais l’ancien concepteur du programme y voit un recul de l’autonomie financière nationale.
Cette mise en garde fait écho aux interrogations soulevées le 24 octobre 2026 par Khadim Bamba Fall, membre de Pastef. Dans un message publié sur Facebook, il avait contesté des suppressions de projets structurants inscrites dans la loi de finances rectificative 2026 et questionné le recours à des financements de la Banque mondiale initialement prévus pour des investissements afin de payer les bourses. Cette prise de position portait sur les arbitrages de la LFR, tandis que Dia insiste sur la capacité de l’État à financer durablement sa politique sociale.
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Dia conteste par ailleurs les affirmations selon lesquelles le programme n’aurait pas été évalué régulièrement. Il dit avoir participé à plusieurs travaux, dont l’élaboration du rapport final d’évaluation de la Stratégie nationale de protection sociale avec l’Initiative prospective agricole et rurale. Il affirme également que le montant des allocations a été fixé à partir d’analyses et de comparaisons internationales.
L’évaluation de la Stratégie nationale de protection sociale pour 2016-2023 relève des progrès liés notamment aux bourses familiales et à la Couverture maladie universelle. Elle fait aussi état de défis persistants, comme la couverture limitée des travailleurs de l’économie informelle et le retard de réformes institutionnelles. Parmi les chantiers cités figurent la Loi d’orientation sur la protection sociale, la Caisse autonome de protection sociale universelle et le Code unique de sécurité sociale.
Le Registre national unique recense aujourd’hui plus de 10 millions d’individus.




