Interrogé ce lundi sur RFI au sujet du durcissement de la législation sénégalaise relative à l’homosexualité et des critiques formulées par les Nations Unies ainsi que par certains pays occidentaux, Ousmane Sonko a rejeté l’idée d’une « chasse aux homosexuels » au Sénégal. « Nous attendons le même respect de la France », a déclaré l’actuel président de l’Assemblée nationale et du PASTEF, assumant ainsi la position du Sénégal sur l’homosexualité.
Selon lui, la loi réprimant les pratiques homosexuelles n’est pas une nouveauté. « Il y a une loi sénégalaise qui date de plus de 30 ans », a-t-il rappelé, précisant que cette législation existe depuis la présidence de Léopold Sédar Senghor. Il a souligné que seules les peines ont été renforcées récemment, tandis que les incriminations demeurent les mêmes. « La loi, elle n’est pas venue avec nous. Elle est là », a-t-il insisté.
Le responsable politique a également affirmé que les arrestations liées à cette question existaient bien avant la réforme récente. Il a estimé que le débat international occulte un autre aspect du dossier, qu’il juge « extrêmement important » : « la transmission volontaire du VIH », qu’il associe aux affaires ayant conduit à certaines poursuites.
Face aux critiques occidentales, Ousmane Sonko a invoqué le principe de souveraineté nationale. « Le Sénégal est un pays souverain. Il n’a pas à se justifier des lois qu’il prend, ni devant l’Occident ni devant personne », a-t-il déclaré.
Il a établi un parallèle avec certaines législations françaises, notamment sur le port du hijab ou les mineurs, qui ont elles aussi suscité des réserves de la part d’instances internationales de défense des droits humains.
Appelant au « respect » et à la « courtoisie » dans les relations entre États, il a défendu le droit du Sénégal à légiférer en fonction de ses « croyances religieuses » et de ses « convictions culturelles ». « Nous sommes dans un pays souverain, qui légifère souverainement sur ce qu’il considère être rejeté par sa société », a-t-il affirmé, estimant que cette question « ne doit pas faire l’objet de débats ».

