Entre critiques internationales et soutien parlementaire massif, Ousmane Sonko a réaffirmé vendredi 22 mai devant l’Assemblée nationale qu’aucun moratoire ne serait accepté sur la loi durcissant les sanctions contre les relations homosexuelles au Sénégal. Le Premier ministre a défendu un texte adopté le 12 mars 2026 et déjà promulgué par le président Bassirou Diomaye Faye.
Lors de son intervention, il a dénoncé ce qu’il présente comme une volonté d’imposition venue de l’Occident. Il a déclaré qu’« un petit noyau » de pays occidentaux, du fait de ses moyens et de sa maîtrise des médias, cherche à imposer sa vision au reste du monde. La séquence a été largement relayée, tandis que Beninwebtv et Africanews rapportaient aussi plusieurs interpellations recensées dans le pays depuis février.
La réforme modifie l’article 319 du Code pénal, qui vise les « actes contre nature ». Les peines de prison passent désormais de un à cinq ans à cinq à dix ans. Les amendes montent de 1,5 million à 10 millions de francs CFA. Le texte prévoit aussi des sanctions pour la promotion, le financement et le soutien de l’homosexualité, de la bisexualité et de la transsexualité. À l’Assemblée nationale, la loi avait été approuvée par 135 voix, avec trois abstentions et aucun vote contre.
Les effets concrets de cette loi sont déjà visibles. En avril 2026, un tribunal de Dakar a prononcé une peine de six ans de prison ferme dans une affaire de relation homosexuelle jugée sous le nouveau dispositif. Dans une tribune publiée le 16 mai, Amadou Bal BA affirmait que 12 personnes avaient été interpellées le 18 février 2026, puis 72 autres par la suite, en évoquant aussi des contrôles de téléphones et des dénonciations.
Le débat a aussi pris une dimension diplomatique et politique. Le Haut-Commissaire des Nations unies aux droits de l’homme, Volker Türk, avait jugé la loi « profondément préoccupante » et contraire aux droits humains, avant sa promulgation. De son côté, le député Guy Marius Sagna avait dénoncé le 19 mai des « injonctions impérialistes » extérieures. Début avril, Ousmane Sonko avait déjà évoqué un échange avec un ambassadeur inquiet des conséquences de ce durcissement législatif à l’approche des Jeux olympiques de la jeunesse de 2026 à Dakar.