En Haïti, l’assassinat de Jovenel Moïse en 2021 continue de peser sur la vie politique du pays, où aucune élection nationale n’a encore eu lieu depuis. Aux États-Unis, quatre personnes ont désormais été reconnues coupables dans ce dossier lié au meurtre du président haïtien.
Vendredi, Arcangel Pretel Ortiz, Antonio Intriago, Walter Veintemilla et James Solages ont été déclarés coupables d’avoir conspiré pour tuer ou kidnapper Jovenel Moïse. Ils ont aussi été condamnés pour avoir apporté un soutien matériel au complot en violation du droit américain, et risquent tous une peine pouvant aller jusqu’à la prison à vie.
Les procureurs américains soutiennent que le sud de la Floride a servi de plaque tournante centrale pour la planification et le financement de l’assassinat. Le procès, relevait Al Jazeera, avait débuté il y a près de deux mois.
Le déroulé du procès et ses suites
Au cours des audiences, la défense a affirmé que les accusés servaient de boucs émissaires. Leurs avocats ont soutenu qu’ils participaient en réalité à un projet visant à remettre à Jovenel Moïse un mandat d’arrêt, sur fond de différend autour d’un éventuel dépassement de son mandat présidentiel.
La défense a aussi avancé que les mercenaires colombiens impliqués dans l’affaire devaient accompagner la police haïtienne pour exécuter ce mandat, et que Jovenel Moïse aurait été tué par ses propres forces de sécurité avant leur arrivée. L’avocat Emmanuel Perez a déclaré: « C’est un complot haïtien, et c’est une conspiration haïtienne. »
Les procureurs ont, eux, affirmé que les hommes cherchaient au départ à évincer puis remplacer Jovenel Moïse, avant que le projet ne bascule vers son assassinat. Un cinquième accusé, Christian Emmanuel Sanon, médecin né en Haïti qui voulait selon l’accusation être nommé président après la mort de Jovenel Moïse, doit être jugé plus tard pour des raisons de santé, tandis que huit autres personnes ont accepté des accords de plaider-coupable dans l’enquête américaine.
Depuis l’assassinat, aucune élection nationale n’a été organisée en Haïti. Un conseil provisoire a bien été nommé en septembre 2024 pour préparer de nouveaux scrutins, avant d’être remplacé par le Premier ministre soutenu par les États-Unis, Alix Didier Fils-Aime, qui a dit que les élections se tiendraient d’ici la fin de l’année. Les Nations unies estiment qu’un gouvernement stable est indispensable pour rétablir l’ordre dans le pays, où au moins 8.100 meurtres attribués aux gangs ont été recensés en 2025 et où l’insécurité a déplacé environ 1,5 million de personnes.