Guerre en Iran : la désescalade évoquée par Donald Trump s’accompagne d’une requête inattendue au Congrès

Alors que l’opération militaire américaine en Iran entre dans sa troisième semaine, des signaux contradictoires émanent de Washington. Entre les déclarations officielles suggérant une désescalade et les mouvements de troupes sur le terrain, la stratégie des États-Unis au Moyen-Orient affiche une double dynamique.

Le président américain Donald Trump a indiqué vendredi, via les réseaux sociaux, que les États-Unis étaient sur le point d’atteindre leurs objectifs et envisageaient de réduire leurs efforts militaires au Moyen-Orient. Karoline Leavitt, porte-parole de la Maison Blanche, a précisé que la mission avait été initialement estimée à une durée de quatre à six semaines par le Pentagone. Selon les informations relayées par la chaîne Al Jazeera, cette fenêtre temporelle constitue la nouvelle référence de l’administration américaine pour la fin potentielle de l’opération baptisée « Epic Fury ».

Sur le terrain, les actes contrastent avec ces annonces de retrait progressif. L’administration américaine a formulé une demande de 200 milliards de dollars supplémentaires au Congrès pour financer le conflit. Parallèlement, un groupe de navires d’assaut amphibie transportant 2 500 Marines a été redirigé du Pacifique vers le Moyen-Orient en début de semaine, venant s’ajouter aux 50 000 soldats américains déjà déployés dans la région. Bien que Donald Trump ait réaffirmé son refus d’envoyer des troupes au sol en Iran, il a précisé conserver toutes les options à sa disposition.

Sur le plan économique, la Maison Blanche a levé les sanctions pesant sur le pétrole iranien déjà chargé à bord des navires. Cette décision intervient après une nouvelle hausse des prix de l’or noir qui a fait chuter les marchés boursiers américains.

Les hostilités se poursuivent avec intensité. Les forces américano-israéliennes ont mené de nouvelles frappes sur Téhéran et ses environs au moment où le pays célébrait le Nowruz, le Nouvel An persan. Le gouverneur de la province de Gilan a fait état de deux morts suite à des bombardements sur une zone résidentielle du village de Dastak. En riposte, l’agence semi-officielle Mehr a rapporté le tir de deux missiles balistiques iraniens ciblant la base militaire de Diego Garcia, gérée conjointement par les États-Unis et le Royaume-Uni dans l’océan Indien. L’Arabie saoudite a également annoncé avoir abattu 20 drones dans sa région orientale, qui abrite d’importantes installations pétrolières.

Dans une déclaration écrite diffusée à la télévision iranienne, le nouveau Guide suprême Mojtaba Khamenei, qui a succédé à ce poste après la mort de son père Ali Khamenei lors de précédentes frappes israéliennes, a qualifié la guerre de « grave erreur de calcul » et affirmé que l’Iran avait porté un « coup étourdissant » à ses adversaires.

Le bilan humain continue de s’alourdir. Les autorités iraniennes recensent plus de 1 400 morts depuis le début du conflit. Les bombardements israéliens ont également fait plus de 1 000 victimes au Liban. Du côté israélien, au moins 18 personnes ont été tuées par des missiles iraniens, tandis que les responsables américains font état de 13 soldats décédés à ce jour.

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