La campagne militaire menée par les États-Unis et Israël contre l’Iran, qui entre dans sa troisième semaine, commence à avoir des répercussions directes sur le calendrier diplomatique de Washington. Alors que le conflit entraîne des blocages majeurs sur les routes maritimes mondiales, la Maison Blanche réorganise ses priorités géopolitiques immédiates.
Donald Trump a officiellement reporté sa visite d’État prévue à Pékin. Initialement programmé du 31 mars au 2 avril, le sommet avec le président chinois Xi Jinping est repoussé d’environ cinq semaines. Selon Al Jazeera, le président américain a justifié ce changement par la nécessité de rester à Washington pour superviser les opérations militaires en cours, marquées par une escalade continue dans la région.
Ce report intervient dans un contexte de paralysie du détroit d’Ormuz, fermé par Téhéran depuis le début de l’offensive baptisée « Operation Epic Fury ». Ce blocage affecte drastiquement les exportations de pétrole du Moyen-Orient, perturbant fortement les marchés internationaux et provoquant des fluctuations importantes des prix du carburant.
Face à cette situation, l’administration américaine modifie son approche vis-à-vis de Pékin. Alors que les deux nations observaient une trêve dans leur guerre commerciale depuis octobre dernier pour négocier un accord global, Donald Trump sollicite désormais l’intervention de la Chine. Le président américain a indiqué que Pékin faisait partie des capitales devant faire pression sur Téhéran pour obtenir la réouverture du détroit d’Ormuz.
Le ministère chinois des Affaires étrangères a confirmé que les deux pays restaient en communication concernant la reprogrammation de la visite présidentielle. La dynamique entre les deux États montre un assouplissement du ton de Washington, Donald Trump ayant déclaré depuis la Maison Blanche que la relation actuelle avec la Chine était très différente de ce qu’elle était par le passé.
Cette nouvelle configuration diplomatique place les États-Unis dans une position particulière. Ali Wyne, chercheur à l’International Crisis Group cité par Al Jazeera, souligne que la crise de l’approvisionnement pétrolier amène l’administration américaine à demander l’assistance d’un pays qu’elle accusait récemment, avec l’Iran, de former un « axe de l’autocratie ». La Chine demeure à ce jour le premier partenaire commercial de l’Iran et lui fournit des technologies critiques, notamment en matière de guerre électronique.