Assassinats ciblés en Iran : la diplomatie s’exprime sur la survie de l’État et désigne le responsable de l’escalade

Depuis près de trois semaines, la République islamique d’Iran fait face à une série de frappes américano-israéliennes ayant coûté la vie à plusieurs de ses plus hauts responsables politiques et militaires. Dans ce contexte de crise au sommet de l’État, le ministère iranien des Affaires étrangères a publiquement clarifié la situation institutionnelle du pays tout en situant les responsabilités du conflit en cours.

Lors d’un entretien accordé à Al Jazeera, le chef de la diplomatie iranienne, Abbas Araghchi, a affirmé que l’élimination de figures de premier plan ne portera pas de coup fatal à la direction du pays. Selon lui, les États-Unis et Israël n’ont pas encore saisi que le gouvernement iranien ne repose pas sur des individus isolés. « La République islamique d’Iran possède une structure politique forte, avec des institutions politiques, économiques et sociales bien établies », a-t-il précisé, ajoutant que l’absence d’une personne n’affecte pas cette architecture globale.

Notre rédaction note que cette déclaration intervient après la confirmation par Téhéran de la mort d’Ali Larijani, 67 ans, puissant secrétaire du Conseil suprême de sécurité nationale, tué lors d’une attaque survenue lundi soir. Il s’agissait d’un proche confident du Guide suprême, l’Ayatollah Ali Khamenei, lui-même assassiné le 28 février dernier au premier jour des frappes, ainsi que de son fils et successeur, Mojtaba Khamenei. La presse d’État a également confirmé la mort du général de brigade Gholamreza Soleimani, chef des forces paramilitaires du Bassidj, qualifié de figure centrale dans la riposte iranienne.

Pour illustrer la résilience du système face à ces disparitions en chaîne, le ministre a pris l’exemple de la perte du Guide suprême. « Nous n’avons eu personne de plus important que le Guide lui-même, et même lui est tombé en martyr, pourtant le système a continué son travail et a immédiatement fourni un remplaçant », a souligné Abbas Araghchi. Il a assuré que ce principe de remplacement immédiat s’appliquerait à toute autre fonction de l’État, y compris la sienne si nécessaire.

Interrogé sur l’escalade militaire dans la région du Golfe, le ministre a formellement rejeté la responsabilité de Téhéran dans le déclenchement des hostilités. « Je le répète : cette guerre n’est pas la nôtre. Nous ne l’avons pas commencée », a-t-il martelé, désignant directement les États-Unis comme les initiateurs du conflit et exigeant qu’ils rendent des comptes pour les conséquences humaines et financières engendrées à l’échelle régionale et mondiale.

Selon les éléments d’analyse diffusés par Al Jazeera, cette stratégie d’élimination ciblée de dirigeants politiques s’écarte des normes habituelles des conflits armés. Marwan Bishara, analyste politique pour le média qatari, a relevé que si le système iranien reste structurellement solide et ne devrait pas imploser dans l’immédiat, l’accumulation de ces pertes quantitatives pourrait, à terme, entraîner des changements qualitatifs au sein de l’appareil d’État iranien.

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