Guerre contre l’Iran : les tractations secrètes d’Islamabad aboutissent à un revirement inattendu de Donald Trump.

Alors que les hostilités se poursuivent au Moyen-Orient, un canal diplomatique discret s’est mis en place pour tenter d’enrayer l’escalade entre les États-Unis et l’Iran. Loin des projecteurs, le Pakistan a réactivé son rôle d’intermédiaire entre puissances rivales, s’imposant comme une pièce maîtresse dans les discussions actuelles.

Le ministre pakistanais des Affaires étrangères, Ishaq Dar, a confirmé que son pays transmet actuellement à Téhéran une proposition de cessez-le-feu américaine articulée autour de 15 points. Cette démarche, soutenue diplomatiquement par la Turquie et l’Égypte, intervient dans le cadre du conflit opposant l’axe américano-israélien à l’Iran. Selon les informations rapportées par Al Jazeera, ces échanges en coulisses ont déjà produit un premier effet tangible sur le plan militaire.

Le président américain Donald Trump a en effet annoncé sur son réseau Truth Social une suspension de 10 jours des frappes prévues contre les infrastructures électriques iraniennes. Il a précisé que cette pause répondait à une demande du gouvernement iranien. Le négociateur en chef américain, Steve Witkoff, a corroboré le rôle central d’Islamabad dans l’acheminement des messages entre Washington et Téhéran, bien que l’Iran démente de son côté la tenue de négociations directes.

Pour mener à bien cette mission de facilitation, les plus hautes autorités pakistanaises sont mobilisées. Le Premier ministre Shehbaz Sharif a multiplié les échanges avec le président iranien Masoud Pezeshkian, tandis que le chef de l’armée, le maréchal Asim Munir, s’est entretenu directement avec Donald Trump. Ces manœuvres s’inscrivent dans un contexte régional particulièrement instable, marqué par le lancement fin février 2026 de l’opération militaire ayant coûté la vie au guide suprême iranien Ali Khamenei.

Ce positionnement d’Islamabad s’inscrit dans une longue tradition diplomatique. En 1971, le Pakistan avait servi de pont secret entre l’administration de Richard Nixon et la Chine, facilitant le voyage clandestin d’Henry Kissinger à Pékin. Le pays a également été un acteur clé des accords de Genève sur l’Afghanistan dans les années 1980, des négociations de Doha en 2020, et a régulièrement tenté de rapprocher l’Arabie Saoudite et l’Iran.

Interrogée par Al Jazeera, l’ancienne ambassadrice du Pakistan en Chine, Naghmana Hashmi, souligne que l’État pakistanais s’efforce historiquement de transformer sa position géographique et ses liens avec le monde musulman en levier diplomatique. Masood Khan, ancien ambassadeur aux États-Unis, précise pour sa part qu’Islamabad bénéficie aujourd’hui d’un niveau de confiance simultané à Washington, à Téhéran et dans les capitales du Golfe, lui conférant une marge de manœuvre spécifique dans le traitement de cette crise.

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