Le conflit soudanais, qui marque mercredi son troisième anniversaire, est caractérisé par une augmentation des attaques par drones. Cette dynamique militaire aggrave la situation des populations, alors que les chaînes d’approvisionnement humanitaire subissent les contrecoups des tensions au Moyen-Orient.
Depuis le début de l’année 2026, près de 700 civils ont perdu la vie dans des frappes de drones au Soudan. Selon les informations rapportées par Al Jazeera, le chef des affaires humanitaires des Nations Unies, Tom Fletcher, a souligné mardi cette recrudescence à la veille de la troisième année de la guerre opposant l’armée aux paramilitaires des Forces de soutien rapide (RSF). Les régions du Kordofan, principal théâtre actuel des affrontements, et du Darfour, sous contrôle des RSF, concentrent ces bombardements quasi quotidiens.
L’impact sur les plus jeunes est particulièrement prononcé. Le Fonds des Nations Unies pour l’enfance (UNICEF) indique que les drones sont responsables de près de 80 % des 245 enfants déclarés tués ou blessés lors du premier trimestre de l’année. Une porte-parole de l’organisation précise que ces victimes sont touchées dans leurs domiciles, sur les marchés, sur les routes ou à proximité des infrastructures de santé et scolaires. Parallèlement, Médecins Sans Frontières (MSF) a recensé mardi deux nouveaux décès et 56 blessés pris en charge à la suite de frappes menées par l’armée soudanaise au Darfour.
Sur le plan humanitaire, les Nations Unies estiment que près de 34 millions de personnes, soit près des deux tiers de la population, nécessitent une assistance. Le Programme alimentaire mondial (PAM) rapporte que plus de 19 millions d’habitants sont confrontés à une faim aiguë. Ross Smith, responsable de la préparation et de la réponse aux urgences du PAM, a averti que la situation est rendue encore plus complexe par la guerre en Iran. Le conflit israélo-américain perturbe les chaînes d’approvisionnement des groupes d’aide, entraînant la fermeture de voies stratégiques comme le détroit d’Ormuz et affectant les liaisons depuis Dubaï, Doha et Abou Dhabi. Ces blocages obligent les ONG à emprunter des itinéraires plus longs et plus coûteux, provoquant une hausse des prix des denrées alimentaires, du carburant et des engrais.